jeudi 29 octobre 2026

Nicolas Sarkozy-Marine Le Pen : le grand rapprochement ?

 

Le 25 septembre 2026 @Cnews

Et si Nicolas Sarkozy faisait bouger les lignes ? Selon une information du Canard enchaîné, que Boulevard Voltaire est en capacité de confirmer, l’ancien président de la République reçoit régulièrement des acteurs du monde politique et des personnalités et dit à qui veut l’entendre que l’avenir de la droite doit se faire avec le Rassemblement national. « Il est persuadé que Marine Le Pen va gagner et que la droite doit participer à une coalition avec le RN », rapporte, à BV, un acteur du monde politique. Alors que la France s’enfonce dans une grave crise sociale et budgétaire, Nicolas Sarkozy estime que la droite ne peut pas laisser le RN se débattre seul.

Rester hors jeu ou admettre que la France est en péril et participer à un pouvoir dirigé par le Rassemblement national, voilà en substance l’idée de l’ancien chef de l’État. Marine Le Pen n’a pas dit autre chose à Orléans, lors de son grand meeting de lancement de campagne, ce dimanche 25 octobre : « Le redressement que nous engagerons ne relèvera pas d’un parti mais de la France tout entière. L’État que nous voulons ne sera pas RN mais ce sera une œuvre collective, une œuvre certes patriote mais pas partisane. » Même son de cloche chez l'ancien locataire de l'Élysée - une aubaine. D'aucuns estiment, au passage, que ce dernier ne verrait pas d’un mauvais œil une grâce présidentielle si la cour d’appel de Paris devait le condamner en novembre dans le dossier libyen…

« Ni de droite, ni de gauche »

« Dans un gouvernement d’union nationale, les places ne seront pas réservées au RN ou à l’UDR, souligne, auprès de BV, l'entourage de Marine Le Pen. Les Républicains y auront leur place. » Rappelons que dans son livre Le journal d’un prisonnier (Fayard), Nicolas Sarkozy se confiait sur le RN et l’avenir de la droite. « Le chemin de reconstruction peut être long mais je suis certain qu’il ne pourra passer que par l’esprit de rassemblement le plus large possible, sans exclusive et sans anathème », écrivait-il, tout en estimant que le RN « ne constitue pas un danger pour la République ». « Oui, nous sommes en contact avec des sarkozystes qui nous disent qu’ils sont disposés à travailler avec nous », nous glisse un proche conseiller de la candidate élyséenne. Une des plumes du discours de Marine Le Pen à Orléans, l'eurodéputé Philippe Olivier, insiste, pour BV, sur la conception du pouvoir de son parti : « Un pouvoir RN sera ouvert, le pays le réclame, il faut grouper toutes les énergies. Nous garderons une cohérence autour d’une vision nationale. Un projet qui sera ni de droite ni de gauche, mais qui se fera autour de la nation. »

« Sauver la France »

Maire de Perpignan et premier vice-président du parti, Louis Aliot confirme cette volonté d’union nationale : « Nous sommes à un tournant majeur. Nous avons une opportunité historique de tourner la page. » Ce dernier développe auprès de BV son expérience locale : dans sa ville, il collabore avec des élus LR et ex-LR qui, avec lui, n’ont qu’une obsession en tête : « sauver la France », loin des calculs parisiens. Du côté des Républicains, la campagne bat son plein, pas question d’abattre ses cartes trop tôt. « Tout ça, c’est de la spéculation propre aux salons parisiens », tempête, auprès de BV, le sénateur LR du Nord Marc Daubresse, qui reste concentré sur la campagne de Bruno Retailleau. Le candidat LR à l’Élysée, justement, s’exprimait sur une éventuelle participation à un gouvernement RN, ce 28 octobre, sur CNews : « Je n'apporterai jamais mon concours à un projet qui n’est pas bon pour la France. » « En local, les élus LR sont très loin de cette ligne » confie, à BV, un ténor du RN. Certainement sont-ils sensibles à l’état d’esprit de Nicolas Sarkozy.

Yves-Marie Sévillia

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