Mes chères impertinentes, chers impertinents,
J’ai démarré cette émission écorama en taquinant David Jacquot qui me disait que la France était le pays le plus taxé d’Europe avec 46 % de prélèvements dans le PIB alors que nous dépensions plus de 57 % ce qui veut dire qu’il manquait plus de 11 % de recettes en points de PIB.
Voici l’explication technique de cet écart qu’il faut connaître pour sa propre culture économique et pour briller dans les repas en ville. Pour vos dîners en ville, posez juste la question… 46 % de recettes, 57 % de dépenses… mais où est donc or ni car (et la différence ?) !!!
Cet écart apparent de 11 à 13 points de PIB entre la pression fiscale (~44 %) et les dépenses publiques (~57 %) en France s’explique de deux manières : le déficit budgétaire d’une part, et la présence de recettes publiques non fiscales d’autre part.
1. Le déficit public (le recours à la dette)
La première explication est que la France dépense structurellement plus d’argent qu’elle n’en rentre chaque année. Le budget n’est pas à l’équilibre, et l’État comble ce manque à gagner en empruntant sur les marchés financiers. Notre déficit public oscille généralement entre 5 % et 5,8 % du PIB.
Près de la moitié de cet écart de 11 points correspond donc à de l’argent que la France n’a pas mais qu’elle dépense quand même, ce qui alimente directement la dette publique… désormais à plus de 3 500 milliards d’euros !
2. Les recettes publiques non fiscales
Toutes les recettes des administrations publiques ne sont pas des impôts ou des cotisations sociales (qui forment les 44 % de prélèvements obligatoires). Les administrations publiques captent environ 8 % du PIB en recettes alternatives .
Les recettes marchandes : Les ventes de services ou de biens par l’État (tickets de transports publics, entrées de musées, ventes de bois des forêts nationales, prestations de services universitaires).
Les revenus de la propriété : Les dividendes versés à l’État par les entreprises dont il est actionnaire (EDF, Thales, Stellantis, etc.) ainsi que les loyers perçus sur son patrimoine immobilier.
Les redevances et taxes diverses : Le paiement de certains services de l’administration qui ne sont pas juridiquement classés comme prélèvements obligatoires… c’est subtil comptablement mais à la fin les sous sont quand même dans la poche de l’Etat.
Pour comprendre la totalité de la richesse nationale qui transite par l’État, il faut donc regarder le bilan global :
1/ Prélèvements obligatoires (impôts + cotisations) ~44 %
2/ Recettes non fiscales (ventes, dividendes, etc.) + ~8 %
3/ Total des recettes réelles = ~52 %
4/ Déficit public (Financé par l’emprunt) + ~5 %
Total des dépenses publiques = ~57 %… et le compte est bon. Nous avons retrouvé nos petits… des petits qui sont tout de même énormes et qui représentent 1 714 milliards d’euros de dépenses annuelles.
Pour le reste vous avez tout dans cette vidéo!
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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