
Natacha Polony est donc candidate à l’élection présidentielle. Pour le moment elle est invitée partout, contrairement à François Asselineau par exemple qui lui est soigneusement évité et tenu éloigné des ondes, alors qu’il s’est aussi déclaré pour la course à l’Élysée. Qu’a-t-elle de plus que lui ? Rien, si ce n’est un discours Canada-Dry : il ressemble à du souverainisme, il en a la couleur, mais au niveau goût c’est une fraude institutionnelle. Ce n’est pas le tout de faire des constats, de parler comme un souverainiste, encore faut-il se donner les moyens de ses intentions, or Natacha Polony ne veut dans le fond, rien changer, c’est d’ailleurs sans doute pour cela qu’on l’invite.
Elle ne voit pas l’Europe comme un problème, elle est farouchement Russophobe, comme si c’était là notre souci principal, et ne parle pas de couper dans les dépenses inutiles. Elle vient de se réjouir d’avoir eu le soutien de JP Chevènement, l’homme qui à l’époque avait traité les émeutiers de « sauvageons », c’est dire la vision qu’elle se fait de ce qui se passe et du comment il faudrait envisager le problème.
Certes on va nous dire qu’elle a affirmé qu’au pouvoir elle donnerait carte blanche aux forces de l’ordre pour intervenir quels que soient les effets. Oui, comme quand elle parle de réindustrialiser, mais sans dire comment, ni avec quelle énergie, puisqu’elle a délibérément et définitivement tourné le dos à la Russie, seul pays qui nous permettait d’avoir du Gaz et du pétrole bon marché, tout en acceptant de rester dans cette UE qu’elle vénère et qui fixe pour nous le prix de notre électricité, ce qui fragilise encore plus le peu d’industries qui reste. Réindustrialiser avec les normes européennes et environnementales qui accablent toute initiative est une farce. Et nous ne parlerons pas non plus du manque d’équipement et surtout du savoir-faire qui a été perdu. En réalité son discours repose sur des constats justes, mais avec des solutions inappropriées qui ne pourront qu’être partiellement mises en application, ou qui se heurteront à la technocratie bruxelloise, dont elle ne voit pas le problème : comme souverainiste on repassera.
Et pourtant elle est invitée partout pour marteler un discours presque martial mais qui n’est qu’un constat. Il serait plus intéressant de la voir débattre face à François Asselineau par exemple, qui lui développe un programme réaliste parce qu’en amont il se donne les moyens techniques de l’atteindre, en se coupant des principaux freins, à savoir l’appartenance à l’UE et à l’OTAN. Son discours à elle est tout simplement intellectualisé, mais concrètement c’est le vide absolu, pas de chiffrage, pas d’axe, elle reste sur des généralités, ça fait bien, mais il faut aller plus loin. En fait elle n’a aucun programme, elle joue sur l’effet d’annonce, pour créer un choc, mais après, quand on gratte, c’est le néant. Elle est en réalité, d’abord une prof, devenue une sorte d’essayiste politique, parfois brillante dans sa logique, mais incapable d’aligner la moindre solution, d’ailleurs pour le moment elle n’en propose aucune. Un diagnostic même pertinent ne peut faire office de programme. Elle est certes bien plus brillante intellectuellement que beaucoup d’autres candidats mais dire qu’il faut réindustrialiser reste un objectif, comme affirmer qu’il faut sauver l’école demeure une intention, ce qui lui manque c’est le comment et avec quels moyens ?
Là, silence radio. Derrière cet écran de fumée qu’est sa candidature, il y a une question que personne ne lui pose : avec qui compte-t-elle gouverner une fois élue ? Qui serait son Premier ministre ? Parce que jusqu’à présent elle n’a pas de parti et ne peut même pas envisager d’avoir des élus aux prochaines législatives. Le savoir en dirait long sur ses réelles orientations. En tout état de cause sa candidature, si elle arrive au bout, n’est pas sérieuse. Avoir un public ne suffit pas, il faut des alliés politiques ou du moins un socle qui se reconnaît, elle n’a rien de tout ça, et au RPF nous ne lui accordons pas le moindre crédit. Elle est à ranger parmi tous les candidats qui fourmillent dans cet extrême centre de bon ton et qui se partage le pouvoir depuis plus de 40 ans sans avoir été capables de résoudre le moindre problème, pire en les augmentant. Les maires vont-ils se laisser abuser par son bagout ou seront-ils plus attachés aux solutions qu’elle ne propose pas ?
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