par Nicolas Bonnal.
— Nous savons qu’un doigt mystérieux a désigné notre belle patrie
comme le pays le plus propice à l’accomplissement de la grande œuvre.
Parti des banques et des médias, le PS se veut aussi un parti
d’avant-garde, un parti refondateur de notre France et de l’espèce
humaine.
On se doutait que la destruction de la famille et l’achat de
nouveau-nés, encouragés par les temps globalisés qui courent, ne
rencontreraient pas un grand écho public ; surtout si une loi destinée à
favoriser les théories d’avant-garde illuministe et les intérêts d’un
lobby surreprésenté dans la mode et les médias, les affaires et la
politique (et ce de la gauche à l’extrême droite maintenant) heurtait de
front une énorme majorité de la population. Mais on n’osait présager ce
qui allait se passer : le passage à tabac du petit peuple contestataire
et familial.
Je ne réside pas en France, je n’en ai pas le cœur. Je peux témoigner
qu’à l’étranger les médias n’ont rien dit, et qu’ils ont à peine
insisté sur les… milliers de manifestants (les milliers de
manifestants ??? On est bien gardés partout.)
J’ai eu plusieurs amis et amies arrêtés et tabassés par la police ;
des gardes à vue, des nuits au poste, des charges, des gazages fondés
sur des théories de la conspiration (nous on s’affronte à la réalité de
la conspiration, ce n’est pas la même chose) ; c’est d’autant plus
étonnant qu’il s’agissait non pas de militants musclés mais de gentils
pères et mères de famille, des cathos comme il faut, comme disent les
médias officiels avec leur mépris raciste et ricaneur. Il devait même y
avoir des bobos au sens strict, des petits laïcs avec leur bonne
famille. J’ai même su que de bons petits étudiants pourtant gentiment
conditionnés par la lecture de Luther King ou Mandela avaient aussi été
tabassés. On a balancé le gaz (changer le mot, comme chez Orwell) sur
les mères et leurs enfants, et comme on avait tort, on s’est acharné sur
les victimes, ce qui est dans la logique de ces temps post-libéraux
(fonctionnaires, retraités, assistés, c’est vous qui nous ruinez et pas
l’euro !) et post-démocratiques : on vous prendra vos sous, vos vies,
vos idéaux. Paris est en état de siège et l’on se doute que les
Invalides, le Champ de Mars et les quartiers traditionnels ne seront
plus les mêmes. Les forces spéciales seront prêtes. Un ground zero se
prépare, c’est bon pour les sondages, car les socialistes qui ont mis
tout le monde à bout en quelques mois, ont encore quatre années à tirer,
et ils ne se sont pas près de se tirer, même s’ils ne s’en tireront pas
comme ça. Entre deux tenues et deux partouzes, ils nous préparent un
sale coup à la manière des méchants des péplums hollywoodiens. Un grand
incendie de Rome, arrosé à l’hélium ?
L’important est de haïr le peuple dont l’ordre mondial vous adonné la
charge ; et le traiter en conséquence. Le gouvernement sera francophobe
ou ne sera pas. C’est comme ça qu’après un ministre deviendra
commissaire européen ou bossera pour les pétroles ou Goldman Sachs.
L’arrogance, la muflerie, la vulgarité et la mauvaise foi du
sous-ministre en charge ne connaît pas de limite. Je le soupçonne, ce
membre actif du club milliardaire et conspirateur des Bilderbergs, de
guetter la salive à la bouche le moment où il y aura des morts pour
interdire entre autres toute manifestation, cette dernière tradition
française et populaire. Il criera alors à la conspiration intégriste, en
appellera à Dan Brown et incriminera la filière tchéchène pour faire
plaisir à son copain Obama (un libéral est toujours un lèche-bottes,
remarque aussi Dostoïevski). On ouvrira des camps, sans doute, pour
enfermer les ennemis de la liberté. Ils sont 99%. On n’est plus à ça
près dans la démocratie-marché, cette société qui considère que la
civilisation est un marché ou plutôt un centre commercial ; que les
populations sont remplaçables ; et que les élections ne sont plus même
nécessaires là où elles se font gênantes.
Le ministre à matricule avait morigéné il y a un an les journalistes
les plus soumis du monde, comme FOG, au motif que ces derniers avaient
bêlé avec les moutons du paysage médiatique américain lors d’une
arrestation-spectacle. On a vu que ce pauvre DSK n’était pas si innocent
que cela, et que les socialistes sont des innocents aux mains sales,
pour reprendre un titre célèbre. Pour les taxes et le sexe, les socialos
sont des champions ; pour trafiquer les feuilles de vigne des impôts
aussi.
Les socialistes sont des bourgeois illuminés, comme les avocats
guillotineurs de la Révolution, avec un certain nombre de tares sociales
et sexuelles, et ce sont aussi des possédés. Adorateurs des contes de
fées et comptes en banque, personne ne les a mieux expliqués que
Dostoïevski dans son meilleur opus : « J’ai remarqué, me faisait-il
observer un jour, que tous ces socialistes fanatiques, tous ces
communistes enragés sont en même temps les individus les plus avares,
les propriétaires les plus durs à la détente ; on peut même affirmer que
plus un homme est socialiste, plus il tient à ce qu’il a. »
La folie de la théorie du genre qui ne repose sur rien de moral ni
même de scientifique (je mets la science après la morale ; j’ai encore
le droit ?) mais seulement sur des fantaisies de psychanalystes est
aussi présente dans l’œuvre du grand maître russe : le despotisme marche
de concert avec l’aberration idéologique. Rappelez-vous 93, les
nouveaux prénoms de la révolution, le nouveau calendrier, les nouveaux
cultes. Avec ces illuminés, on n’a jamais fini.
Mais rappelez-vous que dans Fourier, dans Cabet surtout, et
jusque dans Proudhon lui-même, on trouve quantité de propositions
tyranniques et fantaisistes (ou fantastiques) au plus haut degré.
Dostoïevski annonce aussi les bric-à-brac déments de notre
enseignement avancé, de nos magistrats investis par le trotskysme et de
l’avant-garde idéocratique qui rêve de parader dans les soirées
milliardaires et phil-entropiques : « Le précepteur qui se moque
avec les enfants de leur dieu et de leur berceau, est des nôtres.
L’avocat qui défend un assassin bien élevé en prouvant qu’il était plus
instruit que ses victimes et que, pour se procurer de l’argent, il ne
pouvait pas ne pas tuer, est des nôtres. Les écoliers qui, pour éprouver
une sensation, tuent un paysan, sont des nôtres. Les jurés qui
acquittent systématiquement tous les criminels sont des nôtres. Le
procureur qui, au tribunal, tremble de ne pas se montrer assez libéral,
est des nôtres. »
Frapper la mère de famille et gazer son bébé devient la blague du
salon rose et le devoir du CRS briefé et conditionné ; tout comme
détaler devant les racailles de banlieue et encenser le criminel moyen
qui en somme ne fait que son devoir rousseauiste de redresseur des torts
sociaux. Dali disait déjà aux surréalistes qu’il serait « plus
amusant » de faire sauter les pauvres. Et Dostoïevski : « Savez-vous
combien nous devrons aux théories en vogue ? Quand j’ai quitté la
Russie, la thèse de Littré qui assimile le crime à une folie faisait
fureur ; je reviens, et déjà le crime n’est plus une folie, c’est le bon
sens même, presque un devoir, à tout le moins une noble protestation. »
Le plus inquiétant est que des canards bourgeois ont encensé le
ministre en question ; que le monde sagouin et subventionné de la presse
écrite s’acharne contre les deux millions de français descendus dans la
rue ; et que la folie absolue de la bourse et de la spéculation
accompagne cette descente aux enfers de la politique, de la justice et
de la morale. La destruction par la dette et l’euro – créé à cet effet –
de l’emploi et du patrimoine français attend la destruction de ce qui
reste de la famille et la nature.
Le plus inquiétant aussi est que la dégénérescence des partis
politiques de droite et d’extrême-droite censés jadis représenter une
France réelle et non plurielle, conservatrice et non moderne, interdit
de songer à une alternance crédible dans quatre ans ou moins maintenant…
Jamais la démocratie parlementaire si souvent en crise dans notre
histoire n’a semblé aussi courte, aussi inadaptée, aussi dérisoire. Il
va falloir que le peuple des parents et des enfants prenne son destin en
main laissant la matraque aux ministres et les prébendes aux autres
malotrus.
On n’en a pas fini avec la nuit ; pas celle du moyen âge bien sûr, mais celle des temps modernes et illuminés.
Les mesures proposées par l’auteur pour supprimer le libre
arbitre chez les neuf dixièmes de l’humanité et transformer cette
dernière en troupeau par de nouvelles méthodes d’éducation, – ces
mesures sont très remarquables, fondées sur les données des sciences
naturelles, et parfaitement logiques.
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