Le
trajet a changé, plusieurs fois, depuis 1920, date à laquelle, grâce à
la persévérance de l'Action française, la Fête de Jeanne d'Arc fut
instituée "Fête nationale", par la loi du 19 juillet 1920.
Le trajet, mais pas l'esprit, ni la nécessité de cette Fête : car nous sommes bien (et ô combien !) à l'une de ces "heures critiques de notre Histoire", et pourtant nous ne devons malgré tout pas douter de la France, car, "croire en elle et en ses forces de résurrection, c’est déjà se mettre en mesure de la sauver", comme le rappelle notre XXXIVème Grand Texte (écrit par un Président de la République, s'il vous plaît...) : "...Jeanne
ne sera jamais trop aimée de la France... c’est à notre pays tout
entier qu’elle appartient. Elle a commencé à délivrer la France de
l’invasion, elle l’a soustraite à la suprématie étrangère, elle l’a
guidée sur le chemin de l’Honneur et de la Liberté. Par quels moyens ?
Par la droiture et la simplicité, par la bravoure et la persévérance,
par la conviction que chez nous, rien n’est jamais perdu, pourvu qu’on
chasse les mauvais conseils du découragement et du laisser-aller. A
toutes les heures critiques de notre Histoire, Jeanne nous fournit le
meilleur exemple dont nous puissions nous inspirer. Elle nous enseigne
que, douter de la France, c’est risquer de l’assassiner et que, même
devant les pires dangers, croire en elle et en ses forces de
résurrection, c’est déjà se mettre en mesure de la sauver."
Arrivés au pied de la statue, et une fois les gerbes déposées, les participants écoutèrent Bernard Pascaud (1) : "...Nous
en sommes à l’heure où ce qui est illégitime est légal, où ce qui est
antisocial est à la tête de la société, où les ennemis de l’ordre public
commandent à la force publique, où les pervers et les monomanes se
dévorent entre eux, et dévorent la France par leurs convulsions...
...C’est
face à cela qu’il faut faire retentir l’antique protestation de la
jeune Antigone. Et comme Antigone, mes chers amis, nous entendons rendre
à nos frères morts les devoirs légitimes, ceux qui consistent à assurer
l’héritage français, à défendre les principes d’une communauté d’ordre
où l’homme a toute sa place, où la loi écrite n’injurie point la loi non
écrite, où la rumeur humaine n’injurie point la musique des sphères
éternelles, où la famille française réconciliée s’épanouisse sous la
garde de la famille-chef.
C’est
à cette tâche de reconstruction qu’il nous faut être actif et inviter
tous les Français. Le printemps français auquel rêvent certains sera
capétien ou ne sera pas. C’est la leçon de Jeanne. C’est le devoir
d’aujourd’hui."
Ceux
qui ne nous connaissent pas encore, ou viennent de nous découvrir, et
ignoreraient le sens, le "pourquoi" de cette Fête, pourront se reporter à
notre Album Maîtres et témoins (III) : Léon Daudet, et y consulter les deux photos "10 mai 1920 : Barrès et le Cortège de Jeanne d'Arc" "La Fête de Jeanne d'Arc" : ils auront là une première source d'information...
Cette
année, il avait été prévu que ce Cortège traditionnel serait précédé,
la veille, de ce que l'on appelle volontiers, aujourd'hui, deux "temps
forts" : d'abord, le samedi 11 mai après-midi, deux tables rondes,
réunissant quatre intervenants chacune; puis, en soirée, un banquet
amical, dans le quartier du Panthéon,
à deux pas de cette croix immense restée en place, qui - l'Histoire a
de ces ironies... - surmonte les tombes de Voltaire, Rousseau, Carnot,
Gambetta, Jaurès, Zola et tant d'autres, qui, certainement, n'en
demandaient pas tant !
Tables rondes et Banquet furent deux moments qui, à n'en pas douter, tinrent leurs promesses.
On
put ainsi entendre, à la Maison des Mines, lors de la première Table
ronde - animée par François Marcilhac - Jacques Trémolet de Villers,
très profond et en même temps très drôle, et surtout visant très juste,
parler du "Printemps français"; Bernard Pascaud (président de La
Restauration nationale) parler, lui aussi avec beaucoup de justesse de
ce "printemps" et de ce qu'il représente, et peut représenter demain;
Olivier Perceval avait au préalable "ouvert" le débat, en resituant les
choses dans leur contexte et leur globalité, et Antoine Desonay,
responsables des étudiants, clôtura ce premier temps de parole en
racontant comment se passaient les manifestations, quel rôle y jouaient
les jeunes royalistes, et donnant force détails tirés de cette
expérience "sur le terrain"...
Après une pause, la deuxième Table ronde - toujours animée par François Marcilhac - réunit Christian Franchet d'Espèrey, rédacteur en chef de La Nouvelle Revue Universelle, qui évoqua la grande figure de Jeanne d'Arc, Stéphane Blanchonnet, Alain Soral, président d’Egalité et Réconciliation, défendant "la gauche du travail et la droite des valeurs" : un même combat contre le mondialisme et le libéralisme...
La
banquet, qui devait suivre cet après-midi, était donc prévu rue
Montagne Sainte Geneviève, dans les superbes caves voûtées d'un
restaurant qui, devant accueillir au départ environ cent dix convives,
en reçut finalement près de cent cinquante, malheureusement trop
nombreux pour être tous ensemble, et donc répartis dans trois salles :
c'est peu de dire que "l'ambiance y était" et que ce fut un bon moment; "la bonne humeur a toujours régné parmi nous",
disait Léon Daudet; aux chants des étudiants répondaient ceux des
autres salles, et le répertoire traditionnel et joyeux des chants
militants fut repris en chœur et de bon cœur par tous ceux qui se
retrouvaient, de tous les coins de France, ne s'étant plus vus, parfois,
depuis longtemps, mais unis comme toujours, unis comme jamais, heureux
de se retrouver ensemble, et d'approfondir encore plus, toujours plus,
les liens d'amitié indissoluble qui nous unissent : "eadem velle, eadem nolle, ea est vera amicitia"...
(1) : le texte intégral du discours de Bernard Pascaud sera publié très prochainement sur lafautearousseau, ainsi qu'une vidéo retraçant les principaux moments des interventions du samedi après-midi et du Cortège de dimanche ...
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