par Pieter Kerstens
La seconde moitié du XXe sicle a vu s’instaurer en Europe occidentale
une mainmise des États dans la plupart des secteurs économiques.
Nos corporations n’ont pas échappé à ce phénomène et les moteurs de
nos professions, la Créativité et la Technologie, ont été grippés ces
vingt dernières années par des décisions administratives plus
extravagantes les unes que les autres. Il est vrai que l’Administration
perd de plus en plus le contact avec la réalité économique tout en
croyant détenir la Vérité…
Ces dernières années nous avons même assisté à la culpabilisation de
nos activités « dévoreuse d’énergie », en parallèle avec la publicité et
les notions de profit, clouées au pilori par une opinion publique
malade d’informations.
Il n’est pas encore trop tard pour réagir et dire tout haut ce que
beaucoup pensent tout bas. Cela signifie que nous devons abandonner
notre climat pessimiste et fixer notre regard devant nous en
reconnaissant nos torts et en retroussant nos manches, quels que soit le
milieu auquel nous appartenons.
Notre profession (fabricants et installateurs d’enseignes lumineuses)
essentiellement artisanale, à quelques exceptions près, s’accommode mal
des théories sur la croissance douce, la diminution de la durée du
temps de travail ou la civilisation des loisirs. Tout cela coûte cher,
et je m’aperçois aujourd’hui que pour répondre aux critères du progrès
social il faut beaucoup d’argent. Cet argent il faut le gagner avec un
effort de travail. Cela exige une croissance aussi forte que possible.
Le laisser-aller auquel nous assistons dans notre secteur depuis dix
ans ne peut nous conduire qu’à une décadence, et à la fermeture
inéluctable de nos entreprises car peu d’hommes de bonne volonté seront
désireux de reprendre le flambeau. En effet, soumis à des contraintes
administratives, sociales et économiques de plus en plus restrictives,
l’expansion de notre activité sera limitée, et peu nombreux seront les
créateurs de sociétés.
Il m’a été rétorqué que cela était le sens de l’Histoire, et qu’il ne servait à rien de se battre contre les moulins à vent.
Très bien ! Alors puisque nous assistons à une fin de civilisation
et qu’il est bon ton de contester en permanence tout et n’importe quoi,
mettons notre avenir et celui de nos entreprise entre les mains de
l’État Providence qui pourvoira à notre existence !
Malheureusement, l’expérience prouve qu’il n’en est rien et que les
longues années de travail intense, avec les déceptions et les joies, qui
ont abouti à la réelle existence de nos sociétés seront balayées par le
diktat d’une quelconque Administration.
Nous nous trouvons donc devant cette alternative : oser prendre des
risques et être réellement un entrepreneur (c’est-à-dire un chef
d’entreprise qui supporte un « risque calculé ») ou bien … disparaître.
(Article paru en mars 1980 dans la revue Enseignes et Éclairage.
33 ans plus tard, rien n’a changé sous le soleil, mais la moitié des
entreprises a disparu et l’État Providence est en faillite !)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire