
Combat royaliste 109
Par Philippe Germain
Le déclin du nouvel ordre mondial libéral incarné depuis 1990 par la Mondialisation s’accélère. D’ailleurs cet ordre ne subsiste plus que dans le camp démocratique (du bien)regroupant l’espace européen germano-centré, plus les filières historiques anglaises du Canada et de l’Australie. Le nouvel ordre mondial amputé de l’Amérique du Nord maintenant nationaliste, doit dorénavant cohabiter avec plusieurs pôles de puissance regroupés dans trois autres camps.
D’abord apparu en 2009, le camp néo–nationaliste des États-nations qui, contrairement à l’Europe, plébiscitent le retour des frontières. Ces États-nations ne privilégient plus la morale mais le Politique. Ils pensent la planète en termes de rapport de force, de rivalités pour le contrôle des richesses naturelles et des grands axes de communication mais aussi de grandeur. Ce camp prône une planète alternative multipolaire comprenant des puissances souveraines aux traditions spécifiques, aux institutions, aux valeurs culturelles distinctes et dont aucune ne se pose en modèle. Plus question d’ordre international figé ni d’alliances permanentes et le jeu des États retrouve une liberté, une fluidité mais aussi une dangerosité. Cette vision est approuvée par la plupart des puissances montantes comme la Chine et l’Inde. Cette évolution qui provoque l’indignation chez les élites dirigeantes européennes post-nationalistes est celle qu’a commencé d’esquisser Washington
À ces deux camps s’ajoute le plus ancien (1979), celui communautaire de l’Ouma des pays de l’arc musulman allant du Maghreb à l’Indonésie en passant par le Pakistan et l’Iran.
Enfin, n’oublions pas le camp tribal des anciennes colonies européennes (France, Angleterre, Portugal, Allemagne, et Belgique) du continent d’Afrique noire. Ce camp est l’objet de toutes les convoitises d’empires renaissants (Chine, Turquie, Inde et Brésil).
Ces quatre camps bien caractéristiques (démocratique, États-nations, communautaire, tribal) constituent un ordre multipolaire. C’est-à-dire un modèle planétaire où plusieurs grandes puissances (plusieurs pôles de pouvoir comme l’Inde, la Chine, la Russie, la Turquie, l’Amérique du nord…) exercent de l’influence en même temps, sans qu’un seul État-nation ne domine la planète. Ces différents centres de pouvoir se concurrencent et coopèrent à la fois. L’ordre multipolaire implique plus de rivalités mais aussi plus de négociations diplomatiques.
Les alliances sont moins stables mais les nations moyennes ont plus de marge de manœuvre. L’ordre multipolaire redonne tout l’intérêt à un projet diplomatique de redressement pour la France et son outre-mer, ainsi que développé dans le célèbreKiel et Tanger (1910) de Charles Maurras. Par ailleurs, l’ordre multipolaire est aussi l’occasion de réfléchir à une Union latine comme proposée dans Le soliloque du prisonnier (1963) dans le cadre de la géopolitique européenne de Maurras.
Maurras, on y revient !
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