vendredi 27 mars 2026

En Corse, un nationaliste « dur » gagne la mairie de Sartène

 

L’information est passée quelque peu sous les radars mais la victoire de Paul-Félix Benedetti à la mairie de Sartène, sous-préfecture de Corse du sud, considérée par Prosper Mérimée comme « la plus corse des villes corses » est un petit évènement en soi.

Paul-Félix Benedetti succède ainsi à la tête de « Sartè » a toute une série de maires Divers Droite qui avaient eux-mêmes remplacés une longue liste de maires SFIO puis PCF dont le plus emblématique fut Dominique Bucchini qui fut à la tête de la mairie de 77 à 2001. Là où le symbole est le plus important est que Dominique Bucchini était très anti-nationaliste et avait fait l’objet de nombreux plasticages de la part du FLNC (mais pas que) alors que le nouvel édile est un indépendantiste tendance dure proche des anciennes tendances tout aussi dures de la clandestinité.

Car Paul-Félix Benedetti est le leader de Core in Fronte qui représente l’aile gauche de l’indépendantisme traditionnel qui a toujours oscillé entre une aile droitière et une aile gauchiste (sans parler des diverses sous-tendances). Un temps allié aux héritiers de la Cuncolta au sein de Corsica Libera, Benedetti à la tête du Rinnovu à cette époque, avait quitté le regroupement des indépendantistes (face aux « autonomistes » de Simeoni) pour redevenir un parti qui prendra ensuite le nom de Core in Fronte, parti « solidaire de la lutte armée ».

Or à ces élections municipales, les intransigeants de Core in Fronte avaient étrangement noués des alliances avec les autonomistes de Simeoni, que ce soit à Bastia ou à Sartène. Ainsi à Bastia, Hélène Beretti, la deuxième de la liste Bastia Inseme conduite par Gilles Simeoni n’est autre que la soeur des frères Benedetti (Paul-Félix et Félix, ancien prisonnier  politique d’un des FLNC) qui dirigent Core in Fronte (les 4 autres frères et soeurs Benedetti sont aussi dans la politique, tendance nationaliste). A noter qu’Hélène Beretti est également directrice de la très stratégique chambre d’agriculture de Corse.

Même si Core in Fronte est fortement marqué à gauche dans sa prise en compte des questions sociales, son positionnement sur la question de la délinquance et la définition du vivre-ensemble en Corse ferait se rouler par terre leurs homologues « de gauche » du mouvement breton.

Année après année, élection après élection, la Corse s’ancre donc dans 50 nuances de nationalisme corse avec une classe politique locale en lente recomposition depuis des décennies, classe politique où les traditionnels clans PRG au nord et RPR/UMP au sud avaient pourtant dominé la politique insulaire pendant une bonne moitié du XXè siècle.

Photo : copie d’écran vidéo Corse Matin

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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