Mais le viol, dans la nuit de lundi à mardi, d’une septuagénaire dépasse de très loin les limites du tolérable. Actu17 a créé la stupeur, ce 7 avril, en révélant les violences dont a été victime cette retraitée âgée de 74 ans, violée à son domicile, en pleine nuit, par un individu cagoulé qui s’est servi d’une matraque télescopique pour l’agresser sexuellement pendant près d’une heure. L’homme, qui a été interpellé peu après les faits – un sans domicile fixe de nationalité algérienne âgé de 25 ans –, se serait introduit chez sa victime sans que cette dernière ne comprenne comment.
Un crime d’une sordidité absolue
Un crime d’une sordidité absolue. Et pourtant, plus de 24 heures après les faits, rien, dans cette affaire choquante, ne semble susciter suffisamment d’intérêt pour faire la une de l’actualité. Dans la presse, toujours les mêmes médias – de droite – prennent la peine de relever ce « fait divers » qui devrait pourtant retenir l’attention de tous : en France, des vieilles dames sont violées à leur domicile par des étrangers, et l’on préfère détourner le regard.
« Des victimes silencieuses », regrette amèrement, auprès de Boulevard Voltaire, la présidente du collectif Némésis, Alice Cordier, qui constate « un phénomène qui s’amplifie ». Si cette réalité est encore récente, bien que très actuelle, elle demeure cependant « peu dénoncée par certaines associations féministes », rappelle la militante. Si ce n’est quasi aucune.
« Des victimes qui dérangent »
Où sont celles qui avaient réservé une place d’honneur à Gisèle Pelicot, dans leur cortège du 8 mars ? Qu’est-ce qui différencie une victime violée par son mari et par des hommes recrutés sur Internet d’une femme chez qui s’est introduit un étranger dans le but de la violer et de la torturer ? Que doivent faire ces victimes – Berthe, Monique, Danielle, Chantale – pour trouver grâce aux yeux des autoproclamées défenseuses des droits des femmes ?
« Ce sont des victimes qui dérangent », analyse la jeune femme, rejointe par Claire Geronimi, qui évoque l’omerta autour « du profil des agresseurs ». « Les féministes disent vouloir défendre les femmes victimes de violences, mais elles se font aussi les défenseuses de tous les étrangers. » Lorsque certains d’entre eux se rendent coupables de tels crimes et délits, elles préfèrent donc le silence à l’incohérence, résume la vice-présidente de l’UDR.
« Un viol reste un viol »
Les agressions de ces « proies faciles » que sont les femmes plus âgées, et donc particulièrement vulnérables, traduisent, pour Claire Geronimi, une évolution inquiétante. « On entre dans une société sans limite. Peu importe le profil de la victime : dès lors qu’il s’agit d’une femme, elle peut être agressée, y compris chez elle. Et cela concerne tous les âges », constate la fondatrice de l’association d’aide aux victimes Éclats de femme.
« À l’origine, nous avions créé ce collectif pour nous-mêmes et pour nos filles, abonde Alice Cordier, dont l’association a vu ce phénomène apparaître il y a quatre ou cinq ans. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de le faire aussi pour nos grands-mères. »
Une augmentation globale de la violence, et des faits qui demeurent peu relayés, « que ce soit par certains médias ou certaines associations », regrette Claire Geronimi. « Mais un viol reste un viol », rappelle celle qui s’était battue pour médiatiser son agression vécue en 2023, du fait d’un ressortissant centrafricain sous OQTF. « La question de la durée ou de l’âge des victimes ne devrait pas hiérarchiser l’indignation. »
Avec le collectif Némésis, Alice Cordier souhaite donc aider ces femmes qui ne bénéficient pas d’un soutien médiatique et associatif leur permettant de libérer leur parole. Identifier les victimes, suivre les procès, contacter les familles et exercer une forme de pression sur les institutions : c’est un nouveau visage du combat qui attend les jeunes militantes.
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