
La loi sur l’euthanasie a été adoptée hier par 291 voix contre 241 et 29 abstentions. L’Assemblée nationale a donc rétabli la peine de mort, mais pas pour les violeurs et tueurs d’enfants, ni pour les criminels récidivistes, non, pour les déprimés, les faibles, brefs ce que cette caste dirigeante élitiste et idéologisée considère comme des rebus de la société et à qui il convient de donner les moyen de quitter la scène dignement avec les félicitations de la nation.
C’est au troisième vote, le dernier mot revenant à l’Assemblée nationale, que ce texte est passé. Présentée comme un besoin vital, alors que nous avons au RPF repéré d’autres sujets plus importants que celui d’occire rapidement tous les boulets indécrottables qui freinent le progressisme flamboyant du mondialisme heureux, cette loi était censée refléter une sorte d’unanimité dans la société. Pour le moins qu’on puisse dire la concorde est en berne. Trois passages signifient qu’il n’y a pas eu d’accord entre les deux chambres, on peut imaginer que ce n’est qu’une image du reflet de l’opinion dans la société. Nous avons déjà expliqué, au RPF, pourquoi les représentants au peuple ne représentent justement pas le peuple.
Trois passages dont le dernier, et c’est là l’une des faiblesses de notre droit, qui ne réclame pas une majorité qualifiée pour être adoptée, car ne nous voilons pas la face, une loi qui passe avec autant de difficulté est bien en peine d’afficher une légitimité sereine. Elle est née sur un socle des plus fragiles, car le Sénat ne l’a pas simplement amendée, il l’a rejetée ! Ce « détail » aurait pu être effacé par une large majorité à l’Assemblée Nationale, or, même là, il n’en est rien, cinquante voix d’écart avec vingt-neuf abstentions ! Qu’à cela ne tienne, il en est ainsi. Mais la mauvaise farce ne s’arrête pas en si bon chemin. Le Premier Ministre, qui avait le pouvoir, compte tenu de l’absence d’accord entre les deux chambres, de suspendre le texte, de le retirer, nous annonce qu’il va le déférer devant le Conseil constitutionnel, car il pense qu’il viole la constitution ! On croit halluciner, on se demande s’il se moque de nous, ou s’il est foncièrement stupide, à moins que, manquant de courage, et n’osant s’opposer ouvertement à des commanditaires puissants à l’origine de ce texte, il ne se décharge sur cette institution pour censurer ce qu’il n’a pas eu le cran de faire. Il considère donc que son propre texte n’est pas conforme, mais alors pourquoi l’avoir écrit de cette façon et surtout, conscient à postériori de l’erreur, ne l’a-t-il pas enlevé ? Il voudrait que le Conseil Constitutionnel corrige les erreurs du gouvernement, ou qu’il arbitre des conflits internes ?
Ce n’est pas son rôle, mais la macronie nous a habitué à se servir de cette institution, comme du Conseil d’État, comme un fusible, ou un « arrangeur » officiel des turpitudes du pouvoir. Voilà donc un texte, porté par le gouvernement Lecornu, qui va se retrouver contesté par l’auteur du dit texte. L’incohérence a un nouveau synonyme : « Lecornu », pas facile à placer dans une phrase, question d’habitude sans doute. Le Sénat aussi va demander la censure de ce texte, mais lui suit sa logique et il devrait avoir des arguments autrement plus sérieux que ceux avancés par Lecornu. Que décidera le Conseil ? On ne peut pas l’annoncer à l’avance, il statue en général comme ça l’arrange, selon une interprétation très large, ou très stricte. Mais de la part de Ferrand, vu que le porteur du texte lui-même saisit la plus haute juridiction, il ne manquerait pas cette occasion de lui faire plaisir et de censurer en bloc ce texte, il y a un moment où il faut cesser de se foutre du monde. On ne peut pas monopoliser les parlementaires pendant trois mois, pour à la fin dire, une fois votée : « ben je pense que cette loi, en fait, elle est pourrie et qu’elle ne respecte pas notre constitution ». L’hypocrisie de la démarche est à son comble, avouer qu’on a sciemment écrit et fait voter un texte illégal marque un nouveau dysfonctionnement très préoccupant de notre système politique, car le Premier ministre a l’obligation juridique et politique de s’abstenir de violer lui-même la constitution. Or en disant qu’il a un doute il se moque de tout le monde. Ce défaut de contrôle de la constitutionnalité d’un texte en amont précise s’il en était, l’amateurisme de ce gouvernement ou la légèreté avec laquelle il considère le droit quand celui-ci l’embarrasse. Un tel aveu exigerait la démission de Lecornu.
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