mercredi 8 juillet 2026

Pluralisme en berne, à France Inter : l’Arcom aux abonnés absents ?

 

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C’est ce que certains dénoncent comme la privatisation idéologique d’une antenne publique. Il y a quelques jours, l’Arcom a publié son décompte des temps de parole du mois d’avril 2026, média par média. Le document, parfaitement inexploitable en l’état, a été passé à la moulinette par Tous fichés, initiative citoyenne indépendante qui se donne pour mission de rendre transparent le « pluralisme politique ». Ses conclusions sont sans appel : les partis de gauche (PS) et d’extrême gauche (LFI, PCF) y ont été « surexposés », tandis que d’autres mouvements, comme le RN, ont été « sous-exposés ». « La radio a accordé une large part de son antenne à la gauche (PS, PCF, LFI) au détriment des autres partis », commente, sur X, Tous fichés.

Sur l’ensemble de l’année, néanmoins, les déséquilibres tendent à se lisser. Comment la radio y parvient-elle ? Par un joli tour de passe-passe : elle concentre le temps de parole des représentants du RN la nuit, essentiellement entre minuit et 6 heures du matin. Ni vu ni connu, je t’embrouille.

Un sentiment d’impunité justifié

Il y a quelques mois, à peine, l’audiovisuel public avait été malmené par la commission d’enquête menée par le rapporteur Charles Alloncle. Le grand public avait découvert à cette occasion les gabegies ahurissantes, mais aussi et surtout la mainmise de la gauche culturelle sur un empire médiatique financé par l’impôt de tous les Français. De quoi inciter Radio France à corriger le tir et à mieux respecter son cahier des charges ? Pensez-vous. Le groupe s’est arc-bouté sur ses positions, a rejeté en bloc toutes les accusations et s’est encore radicalisé dans son idéologie. Patrick Cohen continue de tirer à boulets rouges sur la droite et des chroniqueurs militants, comme l’influenceur Merwane Benlazar, ont toujours micro ouvert sur France Inter.

Que fait l’Arcom contre ce militantisme manifeste ? La question se pose, tant France Inter semble étrangement épargnée par l’autorité de régulation. Nous avons contacté cette dernière et lui avons demandé si des sanctions seraient prises contre la radio publique, après la publication des derniers temps de parole et la révélation des méthodes employées pour gonfler la représentation du RN à l’antenne. Nous attendons avec impatience ses réponses à nos questions. « Il en a fallu bien moins à l'Arcom pour mettre en demeure CNews sur une observation d'un mois et une règle jamais écrite, s’indignent certains observateurs, sur les réseaux sociaux. Mais pour l'audiovisuel public, le régulateur regarde ailleurs. »

Une antenne d'ores et déjà privatisée

Ce n’est pourtant pas la première fois que France Inter est attrapée la main dans le sac. De précédentes études avaient déjà mis en évidence le manque de pluralisme qui caractérise la radio publique. Il y avait aussi eu l’affaire Legrand-Cohen, qui avait mis au jour les manigances d’une petite caste politico-médiatique bien décidée à user de tous les leviers à sa disposition pour faire triompher le PS aux élections. Éloigné des antennes de Radio France sous la pression, le journaliste Thomas Legrand assume désormais plus ouvertement, encore, son positionnement politique : il s’est rendu, début juillet, à La Charité-sur-Loire afin d’y animer un débat entre plusieurs figures de gauche et d’extrême gauche...

À droite, certains ne tolèrent plus ce scandale démocratique et demandent la privatisation de Radio France, et notamment de France Inter. Il apparaît pourtant que ces antennes sont déjà privatisées. En effet, elles ont bel et bien été prises en main par un petit collectif dont les membres partagent les mêmes opinions et les mêmes intérêts. Mais à la différence des autres groupes privés, celui-ci est financé par l’impôt des Français…

Jean Kast

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