jeudi 9 juillet 2026

Rapport sur l’audiovisuel : l’oligarchie en panique

 

Par Étienne Lombard

La moindre entaille dans la machine propagandiste républicaine est inacceptable, évidemment…

*****

Six mois de travail, une couverture médiatique comme jamais, le plus souvent à charge contre son rapporteur, un rapport de plus de 400 pages qui a failli être censuré… Les conclusions de la Commission parlementaire sur l’Audiovisuel public étaient si attendues que le site internet de l’Assemblée nationale est tombé en panne, mardi 5 mai, du fait du trop grand nombre de tentatives de téléchargement du rapport.

Pourquoi tant de haine ?

Pourquoi ces invectives permanentes ? Pourquoi ces réticences, voire ces refus à répondre aux convocations, puis à répondre aux questions et transmettre chiffres et informations ? Pourquoi cette diabolisation en bonne et due forme de Charles Alloncle ? Pourquoi la guerre civile à bas bruit que nous inflige la République version Macron a-t-elle soudain fait un vrai tintamarre en voyant un petit député UDR soulever les tapis et ouvrir les tiroirs de France Télévisions et de Radio France ?

Pourquoi tout cela pour ça ? Peut-être parce que la gauche et une partie du centre, c’est-à-dire le cœur de l’oligarchie aux manettes, a fait une OPA sur l’audiovisuel d’État. Peut-être parce qu’elle en fait grassement profiter une armée de petits soldats aux ordres ainsi que quelques amis nouveaux riches du privé, et ne souhaitait que soit précisé et prouvé ce qu’une minorité savait et dont une majorité se doutait. Peut-être parce que le diablotin allait oser toucher au grisbi, proposer de le soustraire à ses profiteurs, de charcuter les vieilles maisons, de supprimer quelques chaînes totalement inutiles et d’en fusionner d’autres qui ne le sont guère plus. Alloncle voulait réformer l’audiovisuel public, alors on l’a accusé de vouloir le privatiser. Mais à deux voix près, la commission a finalement voté pour la publication du rapport. Ay, Caramba ! Encore raté…

Une réforme sagement républicaine

Quelle est donc cette catastrophe nucléaire à laquelle la France ne va donc pas échapper ? Dans le désordre : fusion de France 2 et France 5, de France Info et France 24 et des réseaux France 3 Régions et ICI (ex-France Bleu). Suppression de France 4 et de Slash. Instauration « d’un devoir de réserve renforcé pour les présentateurs, animateurs-producteurs et décideurs éditoriaux de premier plan ». Réduction de trois quarts du budget des jeux et des divertissements de France Télévisions, ainsi que d’un tiers du budget sport (170 millions d’euros d’économies). Augmentation des contenus consacrés au patrimoine et à la culture. Mesures contraignantes pour garantir une communication mieux encadrée pour les salariés du service public. Internalisation de la production des émissions à caractère d’information (C à vous, C ce soir, Cash Investigation…), pour l’instant sous-traitées à des sociétés privées. Enfin, diversification de l’origine des éditorialistes, avec l’intégration de journalistes de la presse privée d’opinion.

Depuis la publication de son rapport, Charles Alloncle a par ailleurs déposé sur le bureau de Yaël Braun-Pivet une proposition de loi devant permettre de lutter contre les conflits d’intérêts, d’éviter les risques de corruption, et d’assainir les pratiques au sein de l’audiovisuel public.

L’oligarchie en pls

Bref, un probable petit coup de canif dans le mastodonte. Trop petit pour mériter en soi tout le vacarme qui nous a été infligé. Mais pour l’épicentre d’une oligarchie en PLS, alors qu’Emmanuel Macron a pris soin de verrouiller l’essentiel du système en procédant à des centaines de nominations aux postes clés depuis 2017, cette écorchure audiovisuelle est douloureuse et inacceptable : quand on perd peu à peu le pouvoir culturel, il faut à tout prix conserver les commandes de la machine propagandiste.

https://www.actionfrancaise.net/2026/07/06/rapport-sur-laudiovisuel-loligarchie-en-panique/

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire