mardi 18 août 2026

France 2025 : la croissance du PIB n’a pas suffi à payer les intérêts de notre dette !

 

C’est avec retard que nous examinons les principaux chiffres de 2025.

Si nous l’avions fait comme d’habitude, en avril/mai, en publiant des tableaux une fois que le FMI a publié ses propres chiffres, nous serions passés à côté de la comparaison alarmante annoncée dans le titre de cet article. En effet :

  • en 2025, notre PIB, au prix du marché, a progressé de 56 milliards (Eurostat, 2 935 milliards à 2 991 milliards), soit + 1.9% (seulement 0.8% en volume).
  • en 2025, notre dette a augmenté de 154,4 Md€ pour s’établir à 3 460 milliards, atteignant 115.6% du PIB et, le paiement des intérêts de cette dette nous a coûté : 65 milliards (INSEE), soit une progression de 11.2% par rapport à 2024.

En 2025, notre croissance économique a donc été très insuffisante pour payer les seuls intérêts de notre dette !!

Inquiétant : le montant de nos intérêts va pourtant s’accroître, car le temps où l’on empruntait à des taux proches de 0%, n’est plus là.

Nos déficits budgétaires persistants : 4.7% en 2022 ; 5.4% en 2023 ; 5.8% en 2024 et 5.1% en 2025, conjugués à une croissance atone et une dette qui s’envole, font grimper mécaniquement les taux d’intérêt demandés par les investisseurs auprès desquels l’Agence France Trésor emprunte quasiment chaque jour ouvré : 1 milliard d’euros.

Des taux proches de 4% sont de plus en plus fréquents. Espérons qu’ils en restent là !

Quand la production de richesse d’un pays ne progresse plus, la confiance des investisseurs qui le finance, se paie cash… par la hausse des taux !

  • Quid de notre balance commerciale 2025 ?  

Encore déficitaire de 69 milliards (lien). Pire, elle intègre pour la 1ère fois, depuis l’an 2000, une balance agricole non excédentaire. Nous sommes désormais très loin du slogan « L’agriculture doit être notre pétrole » (Valéry Giscard d’Estaing, discours de Vassy dans le Calvados, le 16 décembre 1977).

  • Quid de notre chômage endémique ?  

En 2025, il a continué sa lente progression :  7.9% ! Avec quelque 2.5 millions chômeurs, c’est son plus haut niveau depuis 2021.

À eux seuls, ces 4 constats alarmants démontrent :

  • D’une part, que les offres de l’appareil de production de nos entreprises du secteur marchand - seules créatrices de PIB – ne sont plus ou mal adaptées à la demande domestique et internationale.

Les 2/3 du PIB français relèvent de la « consommation effective des ménages  ».

La très grande majorité des ménages, de tous les pays, achètent d’abord des « prix » pour se nourrir, se vêtir… équiper leur habitation. Pas des Airbus ni des produits de luxe !

  • D’autre part, que les dépenses de l’État, celles causes de notre déficit budgétaire - lui aussi endémique - et l’augmentation inquiétante de la dette, doivent être urgemment revues à l’aune de ce que notre croissance économique est à même de financer…

Pourquoi ne pas créer l’obligation suivante dans la Constitution : « L’augmentation des dépenses de l'État – y compris celles d’investissements - ne peut dépasser l’augmentation du PIB au prix du marché, hors évènements considérés comme exceptionnels et limités dans le temps » ?

Outre ces 4 points majeurs, comment créer plus de richesse économique. C'est-à-dire plus de PIB, quand l’emploi privé depuis plusieurs années stagne, voire diminue légèrement : 20.984 millions en 2025 contre 21.049 en 2024, soit : -0.3%. (lien : tableau de données en haut à droite) ?

Cela passe inévitablement par :

  • l’augmentation du taux d’emploi (personnes en emploi ET celles au chômage). En France, il s’est établi à 75.4%, c'est-à-dire légèrement au-dessous de la moyenne de l’Union européenne (75.7%). Mais, si on enlève les personnes au chômage, donc non productives, notre taux d’activité n’est vraiment pas bon. En Allemagne, il est à 81.1%.
  • l’augmentation de la productivité. Mais à elle seule, cela ne suffira pas, car le volume de main-d’œuvre réellement au travail, n’est pas là !

Pour résoudre ces diverses problématiques, pourtant non insurmontables, il faut d’abord et avant tout, des gouvernements stables. Or depuis la dissolution du 9 juin 2024, le pays n’est plus vraiment gouverné : 3 Premiers ministres en douze mois !

À l’Assemblée nationale c’est la pagaille, et une marchande de poissons vocifère constamment empêchant le déroulement serein et constructif de la plupart des séances.

2025 n’a donc pas pu corriger les chiffres de « l’annus horribilis » 2024. Bien au contraire !

2026 annonce déjà de nouveaux mauvais chiffres : croissance +0.7%, notre dette proche de 120% du PIB avec quelque 80 milliards de nouveaux intérêts à payer et un chômage toujours en hausse (8.3% au 2ème trimestre).

Dans la bataille pour la présidentielle 2027 qui commence tambour battant, 2 importants partis politiques ont une solution miracle : « annuler la dette, et notamment la part détenue par la BCE ! ».

Pour ces 2 partis, la France doit être insoumise à la BCE et à l’Union européenne. En cas de victoire de leur camp - possible selon tous les sondages -, la relation France / Banque centrale / Union européenne, devrait être revue de fond en comble.

Faut-il rappeler que beaucoup de personnalités de ces partis, qui n'ont, rappelons-le, jamais gouverné quoique ce soit, préconisaient déjà en 2017 de sortir de l’euro !

… Pour conclure provisoirement :

  • 2025 a encore été une très mauvaise année pour la France, désormais largement fragilisée (euphémisme) dans beaucoup d'autres domaines que ceux évoqués ici, selon la Cour des comptes !

Mais, grâce à l’euro, les investisseurs étrangers nous conservent toujours leur confiance.

Sans l’euro, si souvent critiqué par les partis politiques aujourd’hui en tête des sondages pour nous gouverner dès mai 2027, notre pays serait en crise profonde !

Nous aurions déjà dévalué plusieurs fois, et le FMI serait intervenu, à l’instar de la Troïka en Grèce de 2010 à 2018.

Crédit photo : lien.

Anciens articles sur le même sujet :

Présidentielle 2017.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/france-2025-la-croissance-du-pib-n-270848

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