
Tandis que les chaînes d’infos tournent en boucle sur les incendies qui ravagent le pays, le gouvernement s’applique à nous faire les poches en douce. On découvre ainsi que voilà dix jours, le 26 juillet dernier, un arrêté a été pris fixant l’augmentation de «la contribution versée au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI)». Le document a été publié ce jeudi 7 août pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
Il y a quarante ans déjà, « septembre noir »
Présenté comme une nécessité et un devoir de solidarité, le FGTI a été créé en 1986, au lendemain d’une vague d'attentats terroristes qui a semé la terreur à Paris pendant deux ans. Entre 1985 et 1986, treize attaques, perpétrées par diverses branches du Hezbollah, faisaient 13 morts et plus de 300 blessés. Particulièrement visés alors, les Grands magasins parisiens : Marks&Spencer le 23 février 1985, les Galeries Lafayette et le Printemps Haussman le 7 décembre 1985 ; le 29 mars 1985, ce sera le cinéma Rivoli-Beaubourg, le 3 février 1986 l’hôtel Claridge et ce même jour une tentative avortée à la Tour Eiffel ; le 4 février une explosion va ravager la librairie Gibert Jeune au quartier latin, puis, le lendemain, c’est la FNAC Sport qui saute au Forum des Halles.
Le « comble de la terreur » est atteint en septembre 1986 avec six attentats en un mois seulement. Il restera dans les mémoires comme « septembre noir ». Le 4, un attentat échoue dans le RER Gare de Lyon. Le 8, on relève morts et blessés dans le bureau de poste de ‘Hôtel de ville. Le 12 septembre, une bombe explose dans la cafétaria Casino du centre commercial de la Défense. Le 14, un massacre est évité au pub Renault des Champs-Elysées. Les policiers et le serveur qui ont déplacé la bombe y perdent la vie. Le 15, c’est à la préfecture de police de Paris, le 17 devant le magasin Tati de la rue de Rennes. On décompte sur le trottoir de cette avenue 7 morts et 55 blessés.
Loin de régresser, la liste des horreurs s’est depuis allongée. Faut-il rappeler aussi l’attentat du RER B à la gare Saint-Michel Notre-Dame, le 25 juillet 1995, en pleine heure de pointe : 8 morts et 150 blessés. Plus proches et présents dans toutes les mémoires, les attentats du Bataclan et des terrasses feront 132 morts et 413 blessés le 13 novembre 2015. Celui du 14 juillet, à Nice, dont on vient de commémorer le 10e anniversaire, a tué 86 personnes et en a blessé 458.
8.50 euros par contrat. On nous dira que c’est bien peu
Alors oui, il nous faut combiner les grands mots de résilience et solidarité. Il nous faut « indemnise(r) les préjudices physiques, moraux et économiques et le préjudice exceptionnel spécifique des victimes d'actes de terrorisme ». Également « les victimes d’infractions de droit commun (agressions, viols, violences conjugales, homicides..) ». Et puis « le FGTI prend également en charge les frais d’obsèques et les frais liés aux choix des familles : cercueils, cérémonies, crémations, transports, etc. » La liste des infractions de droit commun est vaste, et là on songe bien sûr aux émeutes. À celles de 2005 dont le coût est estimé par la Fédération française des sociétés d’assurance autour de 250 millions d’euros. Quant au bilan des émeutes de juillet 2023, il frise, lui, le milliard d’euros. Combien pour la prochaine ?
Car c’est une évidence : les Français ne doivent pas seulement payer le prix du sang ; ils doivent aussi rembourser le coût de ces explosions de violence qui ne vont, c’est à craindre, faire que se multiplier.
On va donc augmenter la taxe attentat qui est déjà prélevée sur tous les contrats d’assurance habitation, automobile, locaux commerciaux, bureaux, matériel professionnel, bâtiments et machines agricoles, matériels, équipements, etc. Bref, sur tout et plus encore, sachant que se faire indemniser après un vol ou un sinistre est de plus en plus aléatoire.
Roland Lescure, notre Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique de France, le précise dans son communiqué du 24 juillet : «le présent arrêté a pour objet d'augmenter le niveau de la contribution obligatoire au Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions assises sur les contrats d'assurance de biens. L'entrée en vigueur est fixée au lendemain de la publication de l'arrêté» qui prendra effet au 1er janvier 2027.
Le montant est fixé à 8.50 euros par contrat. On nous dira que c’est modeste. Sachant que les ménages ont, en moyenne, un contrat habitation et un ou plusieurs contrats pour des véhicules, davantage pour les professionnels, on mesure l’ampleur de la collecte. On pourrait comprendre si cela permettait, avant tout, d’assurer la sécurité des Français. Hélas, il n’en est rien. On le voit, depuis les attentats des années 80, les choses n’ont fait qu’empirer. L’incurie de nos gouvernements et particulièrement le refus du dernier de mettre un frein à une immigration devenue folle ont rendu la situation incontrôlable. Tous les attentats cités plus haut ont été fomentés et nourris par les factions en conflit au Moyen-Orient. Un conflit qui imprègne aujourd’hui toutes les couches de la société française. Ce n’est pas une taxe qui pourra enrayer le spectre menaçant de la guerre civile.
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