
Dans tous les régimes communistes ou avoisinant, le peuple souffre et n’a souvent que ses yeux pour pleurer, pendant que les pontes du régime, eux, disposent de privilèges ou de passe-droits inaccessibles au commun des mortels. C’était assurément le cas en Seine-Saint-Denis, département communiste pendant des lustres, puis aujourd’hui dominé par les gauches plurielles, ce qui revient strictement au même.
Ce 5 août dernier, Le Canard Enchaîné a soulevé un drôle de lièvre. Le dénommé Bally Bagayoko, pourfendeur permanent des privilèges, éternel thuriféraire de la nouvelle France, représentant de cette classe politique d’extrême gauche qui déverse sa moraline à chaque fois qu’elle ouvre la bouche, ce quidam donc, devenu un intouchable de la République, aurait été engagé à la RATP au tout début des années 2000, « sans concours, ni entretien » comme l’a avoué Jacques Marsaud, ancien directeur général chargé du développement (sic : interdit de rire) de ce noble établissement qui a été longtemps déficitaire (-109 millions d’euros en 2023, -25 millions d’euros en 2024). C’est même sur sa proposition que ce passe-droit aurait été permis.
Pour Kader Chibane, élu écologiste et chef de l’opposition municipale à Bagayoko : « C’était clairement une embauche politique, fruit d’un deal avec le PC… c’était un secret de polichinelle » ; PC qui dominait alors le 93, et la plupart des départements de la couronne parisienne. D’ailleurs, Patrick Braouezec, ancien grand manitou du PC dit français, l’a à demi-mot reconnu : « C’était un moment où la RATP recrutait beaucoup dans la diversité et dans les quartiers ». Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! Ceux qui ne font pas partie de cette diversité, le vulgum pecus, apprécieront.
Car à l’époque, Bally Bagayoko était un militant communiste de la Seine-Saint-Denis, bref la quadrature du cercle, le Graal absolu. Mais ce qui pourrait poser problème, c’est que l’actuel édile de Saint-Denis a, à un moment donné, cumulé ses fonctions à plein temps à la RATP avec ses mandats politiques, comme adjoint au maire et aussi au Conseil départemental. D’ailleurs quand il a perdu ce mandat en 2015, ses indemnités d’adjoint au maire ont subi une augmentation de 102 % (les smicards apprécieront), hausse votée par le Conseil municipal communiste car tout le monde le sait, dans la gêne, il n’y a pas de plaisir, surtout chez les communistes. On précisera selon les sources, qu’à la RATP, le salaire de Monsieur Bagayoko atteignait les 6000 euros mensuels, treizième mois et primes compris, selon ce qui a été écrit ici et là. On ignore par contre ce que cela représentait en revenus, tout salaire et toutes indemnités comprises et cumulées.
Ce dernier a justifié ce cumul entre ses fonctions de cadre à plein temps à la RATP, ses mandats d’adjoint au maire et de vice-président du Conseil départemental en disant tout uniment : « Lorsqu’on accepte une responsabilité politique, on ne fait pas de calcul financier, on fait un choix de vie… être élu local demande une disponibilité de tous les instants ». Certes, mais alors comment concilier cela avec un autre emploi à plein temps qui devait aussi demander une disponibilité plus qu’importante ? Certes, ces cumuls d’emploi ne seraient pas a priori interdits, sauf que certains SMS, consultés par Le Canard enchaîné, démontraient que cette situation questionnait, interrogeait. Précisons également que la RATP vit d’argent public et que son financement est en partie public.
David Lebon, alors chef de cabinet du maire socialiste Mathieu Hanotin, avait échangé avec Sylvain Durand, alors directeur de cabinet de Jean Castex à la RATP. Ce dernier redoutait d’éventuelles accusations à propos de ce cumul d’emplois, surtout vis-à-vis de la RATP. Ainsi, Gilles-William Goldnadel n’a pas hésité à écrire sur X : « Si j’écris que Bagayoko, le grand défenseur des pauvres, a profité d’un emploi largement fictif à la RATP, en se goinfrant de 6000 euros/mois tout en percevant ses émoluments d’élu, avec la complaisance de la CGT, du PC et de la RATP, ils vont me poursuivre en diffamation ? ». Nous laisserons à cet éminent avocat et courageux chroniqueur la responsabilité de ses propos et nous pouvons supposer que s’il était mis en cause judiciairement, il saurait se défendre, de par ses fonctions.
Ce qui est extrêmement choquant, au-delà du cumul d’emplois qui pourrait poser éventuellement problème même s’il est a priori licite, ce sont bien les conditions extravagantes du recrutement initial de Bagayoko à la RATP. Tous les parents qui ont des enfants en âge de trouver un emploi, tous ceux qui recherchent âprement une situation apprécieront et aimeraient être recrutés « sans concours, ni entretien ». Dans l’égalité entre citoyens, il y en a visiblement qui sont plus égaux que d’autres, comme l’avait brillamment énoncé George Orwell, dans La Ferme des animaux, livre qui pourfendait l’idéologie totalitaire communiste. Mais ce ne doit pas être le livre de chevet de Monsieur Braouezec, ni de notre éminent édile de la Seine-Saint-Denis.
Michel Festivi
https://ripostelaique.com/les-privileges-de-la-nomenklatura-communiste-le-cas-bagayoko/
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