
par Adègne Nova
Dans l’actualité de ces derniers jours, on voit que ça ne va pas fort à Ormuz : des pétroliers y ont pris feu, des mines y sont présentes, des pourparlers sont en cours entre Américains et Iraniens, la Marine sud-coréenne va y naviguer… D’accord, c’est noté. Que fait le gouvernement français ? Eh bien, dans l’actualité toujours, on ne trouve pas tellement de traces de son action auprès de Téhéran –ou autres– pour trouver une solution… En tout cas, c’est parce qu’Ormuz fait des siennes que le prix du carburant flambe dans l’Hexagone, selon les dirigeants de notre pays.
D’où vient le pétrole utilisé en France ? Selon les derniers chiffres de l’INSEE, pour 2025, pour 36,6% d’Afrique (principalement du Nigéria), pour 23,1% d’Amérique du Nord, pour 10,2% de la Mer du Nord, pour 15% du Kazakhstan et pour 10% du Moyen-Orient. Et quelles routes maritimes les pétroliers empruntent-ils pour arriver en France ? Pour venir d’Afrique, soit ils remontent l’Atlantique, soit ils traversent la Méditerranée ; pour arriver d’Amérique du Nord, ils traversent l’Atlantique ; depuis la mer du Nord et la Baltique, ils descendent la Mer du Nord et traversent la Manche ; pour venir du Moyen-Orient, ils passent le détroit d’Ormuz d’abord puis celui de Bab-el-Mandeb ensuite. D’accord… la France ne vit donc pas seulement grâce au pétrole transitant par Ormuz. Et pourtant, le litre de carburant souffre d’une hausse du prix depuis des mois, à cause des problèmes à Ormuz…
Bien sûr, ça n’est pas la première fois que le prix du baril s’affiche au-delà des 100 $ US (en 2022, il était à 115 $ US ; en 2011 à 100 $ US ; en 2008 à 140 $ US…), cette fois, la raison en est la guerre en Iran. Mais toujours les Français sont touchés, lourdement ici. Alors, comme la situation dure –plus que dans les précédentes crises– et que le Gouvernement fait montre d’une diplomatie de bac à sable, il a décidé « d’aider » les consommateurs de pétrole non pas en baissant les taxes qui lui reviennent, mais en piochant dans les réserves du pays (l’Espagne, pareillement concernée par cette hausse des prix, répond aux Espagnols en mettant en place un plan d’aide de plusieurs milliards ainsi qu’une remise directe de 20 centimes par litre à la pompe ; l’Allemagne réduit temporairement ses taxes ; la Pologne baisse la TVA sur les carburants ; en Italie, le « décret carburants » a permis une baisse des taxes ; la Suède, quant à elle, baisse drastiquement ses taxes…).
Que sont les réserves stratégiques de pétrole de la France ? Ce sont des millions de barils stockés un peu partout à travers le pays sous forme de pétrole brut, certes, mais aussi, et c’est là une particularité de notre pays, sous forme de carburants déjà raffinés. Le plus important de ces dépôts se trouve à Manosque dans les Alpes de Haute-Provence ; il s’agit-là d’une réserve souterraine sise dans des chambres gigantesques creusées dans d’épais massifs de sel gemme à des centaines de mètres de profondeur. Pour rappel, à l’oligocène, le bassin de Manosque et de Forcalquier était une mer intérieure qui a été soumise à un climat aride –eh oui, le climat étant ce qu’il est, évoluant de lui-même aussi, les températures, à cette époque, étaient très, très élevées–, de fait, elle s’est évaporée sous les rayons puissants du soleil et d’épaisses couches de chlorure de sodium sont nées, enfouies sous des dizaines et des dizaines de mètres de roche. Cette épaisse couche de sel gemme est devenue extrêmement étanche, donnant au lieu ses caractéristiques singulières qui l’ont destiné à ce qu’il est devenu.
Et à quoi servent ces réserves stratégiques de pétrole ? Leur mise en place date des premiers chocs pétroliers. Elles avaient alors pour but de permettre au pays de fonctionner normalement malgré de moindres importations de pétrole ; au fil du temps, néanmoins, elles ont servi pour détendre les marchés…
L’actuelle crise pétrolière impacte quatre domaines sur lesquels les dirigeants du pays seraient bien inspirés de se pencher : en termes de politique, aucune vision à long terme n’existe sur le sujet ; en termes de diplomatie, les petits gestionnaires du quotidien que sont les politicards actuels ne comprennent rien aux relations qui devraient être entretenues de-ci, de-là, à l’international ; en termes écologiques, comme toute décision est prise dans l’urgence et la précipitation, 99 fois sur 100 ce n’est pas la bonne ; enfin, et surtout, en termes économiques, cette cherté du carburant asphyxie les ménages, les commerçants et tous ceux qui doivent recourir, pour quoi que ce soit, aux véhicules. Ça fait beaucoup… le travail est colossal… mais peut-être en sommes-nous là parce que le « régime gestionnaire » de la France n’est pas bon, non ?
https://www.actionfrancaise.net/2026/11/06/ouvrez-ouvrez-la-reserve-strategique/
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