La vérité concernant la presse, c’est qu’elle n’est pas telle que son
nom la désigne. Elle n’est pas « la presse populaire ». Elle n’est pas
la presse publique. Elle n’est pas davantage un organe de l’opinion
publique. Elle est une conspiration ourdie par un petit nombre de
millionnaires qui se sont entendus sur ce que cette grande nation (à
laquelle nous appartenons) doit savoir sur elle-même, ses amis, ses
ennemis. La boucle n’est pas tout-à-fait complète pour être exact (il
existe encore quelques journaux honnêtes défendant courageusement
d’anciennes valeurs), mais elle l’est suffisamment pour qu’on puisse
considérer ce système de propagation des nouvelles comme un monopole de
fait. Si bien que le lecteur de journal reçoit toutes ses informations
et ses mots d’ordre politiques de ce qui à l’heure qu’il est constitue
plus ou moins consciemment une sorte de société secrète, composée d’un
très petit nombre de membres disposant de beaucoup d’argent.
Utopie des usuriers
http://www.amisdechesterton.fr/2013/08/23/aphorisme-174/
Utopie des usuriers
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