Dans
quelques semaines paraîtra un livre de Frédéric Wincler, président du
Groupe d’Action Royaliste dont j’ai l’honneur d’être vice-président :
cet ouvrage est un véritable « manifeste royaliste » qui reprend
l’initiative des Marseillais de l’Union Royaliste Provençale des années
1970 (le fameux « Manifeste de Montmajour »), mais surtout une base de
travail pour les militants et un outil de diffusion des idées
monarchistes vers un public qui s’intéresse à la « chose politique »,
au-delà des clivages habituels.
Voici, ci-dessous et en « avant-première », la préface que j’ai rédigée pour ce manifeste, disponible dès l’automne.
Etre
royaliste au XXIe siècle est-il encore possible, à l’heure d’une
mondialisation qui apparaît inéluctable et qui nous est évoquée comme un
sens obligatoire de l’histoire, vers une gouvernance abandonnée aux
puissances financières et économiques, ces nouvelles féodalités des
temps contemporains ? Cela fait déjà plus d’un siècle et demi que la
France est privée de roi, et, malgré les tentatives nombreuses de ces
deux derniers siècles, la monarchie est restée sur le bord de la route,
servie par de grandes intelligences et de belles plumes, cantonnée aux
souvenirs et aux livres d’histoire… Alors, « à quoi bon ? », pourrait-on
dire en haussant les épaules et en se laissant aller à suivre le fil
des événements sans vouloir en changer le cours.
Et
pourtant ! Nous sommes royalistes, et nous n’en démordrons pas :
l’histoire n’est pas finie et la politique n’est pas écrite une fois
pour toutes sous le seul terme de « République » au sens institutionnel
du terme. Il n’y a pas de fatalité et nous ne sommes pas fatalistes : au
contraire, ce qui nous importe, c’est la nécessité d’institutions
efficaces mais aussi justes, pour la France comme pour les Français,
mais aussi pour l’équilibre du monde, que cela soit sur les plans
géopolitique, économique et social, mais aussi environnemental. Nous
avons conclu à la Monarchie, non par seul sentimentalisme (même s’il ne
faut pas méconnaître l’importance des sentiments en politique, comme
nous le montrent les exemples des monarchies et des familles royales ou
princières d’Europe), mais par raison politique et par passion de cette
France dont nous sommes, chacun d’entre nous, les héritiers, et que nous
savons utile de servir et de transmettre aux générations qui viennent
et qui viendront.
Etre
royaliste, ce n’est donc pas être nostalgique car on ne fonde pas de
politique sur la nostalgie, mais c’est être de son temps sans oublier
ceux qui nous ont précédés et pour préparer ceux qui adviendront. C’est
écouter, c’est réfléchir, c’est agir ! C’est vouloir la Monarchie mais
se battre pour son instauration dans les meilleurs délais. C’est aussi
agir, malgré la République, pour le bien commun du pays et de ses
composantes multiples, sociales, professionnelles, provinciales,
culturelles, etc.

Le
Groupe d’Action Royaliste est né il y a quelques années sur ces idées
et constatations simples, et avec l’ambition de donner aux royalistes
les capacités d’agir dans la société française, « par tous les moyens
même légaux » pourrait-on dire : ne se voulant pas mouvement politique
mais structure de réflexion, d’action et de diffusion des idées
royalistes, le Groupe a repris la tradition de banquets à la fois
festifs et militants ; de la commémoration du roi Henri IV sur le
Pont-neuf ; de discours, de conférences et de cercles d’études sur des
thèmes très variés ; de brochures nombreuses sur (presque) tous les
sujets ; d’affiches, d’autocollants et de tracts qui reprennent nos
principaux messages politiques, sociaux et environnementaux ; de la
promotion de produits siglés royalistes par notre Boutique royaliste ;
etc. Des moyens classiques soutenus désormais par ceux liés aux
nouvelles technologies, entre vidéos et sites internet. Tout cela permet
d’assurer une présence politique royaliste sur la toile comme sur les
murs et dans la rue !
Ce
livre que vous tenez entre les mains n’est pas un objet inanimé, il est
un essai, une sorte de manifeste royaliste qui a vocation à provoquer
la discussion et, aussi, à donner quelques arguments pour une Monarchie sociale « à la française », active et politique
: ce texte important rédigé par Frédéric Wincler est aussi un outil de
travail qui peut être abordé et lu la plume à la main, et qui doit ouvrir de nouvelles perspectives pour le royalisme,
sur des thèmes que les monarchistes avaient parfois un peu négligés,
pris par d’autres combats. Lisez, discutez, diffusez, mais aussi
complétez : cet ouvrage doit jouer le rôle d’une pierre
fondatrice, comme il est aussi un pavé dans la vitrine du
« politiquement correct » et du « désordre établi » !
Jean-Philippe Chauvin http://www.nouvelle-chouannerie.com/
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