
Cette année, Frontex, l’agence européenne des frontières, a recensé un peu plus de 16 000 passages irréguliers de ressortissants égyptiens, partant des côtes libyennes pour atteindre – en majorité – l’Italie (8 715), mais aussi la Grèce (7 371) entre le 1er janvier et le 30 novembre. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 26 000 sont actuellement demandeurs d’asile en Italie, contre un peu moins de 3 000 en France.
Les Egyptiens constituent depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le deuxième contingent de migrants clandestins à entrer dans l’Union européenne – derrière les Bangladais (près de 22 000) –, et le premier originaire d’Afrique. « Il y a une persistance de réseaux de passeurs bien organisés le long des routes migratoires libyennes, malgré le renforcement des contrôles égyptiens aux frontières et le démantèlement de réseaux le long de son littoral », observe Frontex.
« L’Egypte donne l’impression d’un Etat stable mais, en réalité, la situation y est extrêmement fragile », assure Amr Magdi, chercheur auprès de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, qui met en cause « la gestion autoritaire et corrompue » du pays dirigé par Abdel Fattah Al-Sissi, depuis 2014.
Selon l’ONG mais aussi l’OIM et Frontex, les difficultés économiques sont la principale raison des départs. Les migrations s’inscrivent également dans un contexte de répression politique, où la liberté d’expression et l’opposition sont étroitement surveillées. […]
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