
Alors mes petits amis, écoutez moi bien : il faut en finir avec la désinformation, scrogneugneu !
Certains, avec un toupet assez phénoménal, ont été prétendre sur les intertubes que le prochain budget 2027 verrait la suppression des APL, le gel du RSA, la remise en cause du crédit d’impôt à la personne, une hausse de l’impôt sur le revenu, la peste, le choléra et les écrouelles pour les gueux et pas de rab de frites à la cantine de l’Élysée.
C’est, bien évidemment, complètement faux et Sébastien Lecornu, le Premier Ministre, s’en est ouvert sur X, le sourcil froncé et l’air grave, dénonçant de méchantes mesures inventées pour inquiéter les Français. Seb nous l’a bien dit : « calmez-vous, le budget 2027 est à peine esquissé enfin, voyons ! »
Ah et en ce qui concerne le gel partiel des pensions de retraites pour les pensions dépassant 3.000 euros, évoqué par des ministres eux-mêmes et travaillé du côté de Bercy ?
Euh eh bien c’est en effet bon en fait et alors c’est-à-dire que mais enfin cependant avez-vous noté qu’une trentaine de références de préservatifs non conformes, vendues en ligne et en pharmacie ces derniers mois, sont susceptibles d’entraîner des grossesses non désirées ou des infections sexuellement transmissibles ?
Hum, pardon ? Mais pourquoi vous insistez avec cette histoire de retraites ? Il y a aussi cette tiktokeuse retrouvée morte et partiellement calcinée dans le Gard et…
Non ? Vous voulez vraiment évoquer ce qui s’est passé ces dernières semaines sur le plan économique en France ? Vous êtes vraiment excités ! Il n’y a pourtant pas de quoi !
Vous voulez vraiment évoquer le taux des emprunts d’État qui chatouille les 4,10% par le mauvais bout, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2008 ? Vous voulez vraiment vous attarder sur la cible de déficit pour 2027 qui recule discrètement de 4,5 % à 4,9 % du PIB ? Vraiment ? Et pourquoi agiter ce rapport de l’Inspection générale des finances qui alerte, le 20 août, sur les « risques majeurs » d’une loi spéciale prolongée ?
Tout ceci est très anxiogène, enfin !
Il faut se détendre, les avis de taxe foncière ne tomberont pas avant le 27, et le verdict de l’agence de notation Fitch ne tombera que le 28.
Pas de quoi s’exciter, allons franchement !
D’ailleurs, des mesures discrètes mais certainement efficaces sont déjà prises et ce d’autant plus que l’administration n’a plus un centimètre de marge.
Cela explique pourquoi la Direction générale du Trésor réfléchit à sortir les ETF synthétiques exposés hors d’Europe du champ du PEA, c’est-à-dire à fermer une des rares portes qui poussaient encore l’épargnant français vers les actions plutôt que vers la pierre. La taxe foncière augmente automatiquement pour 7,4 millions de logements. Les surtaxes présentées comme « temporaires » pourraient rester en place parce que le besoin est fort et l’adjectif est faible.
Et puis on regarde du côté des niches : crédit d’impôt pour l’emploi à domicile, abattement de 10 % sur les pensions, pacte Dutreil, crédit d’impôt recherche, tout ce qui reste attaché à quelqu’un est potentiellement remis en question étudié.
Après tout, l’État emprunte cette année 310 milliards d’euros à moyen et long terme (montant record, Champion mon frère !) sans budget voté et sur la seule autorisation d’une loi spéciale. Avec une dette publique qui franchit les 3.500 milliards, la charge d’intérêts dépasse désormais le budget de la Défense et, bon, il faut bien que quelqu’un paie.
Ce quelqu’un, cela ne peut pas être un autre que le retraité, le salarié, le chômeur, l’entreprise, le fonds de placement, l’épargnant. J’en entends qui murmurent « et la bureaucratie obèse ? » sans comprendre que sans elle, personne ne produirait les rapports montrant où l’argent peut se trouver. Eh oui !
Et surtout, il ne faudrait pas oublier l’autre côté de l’équation : il reste 9 mois avant la présidentielle et on ne fâchera personne en donnant.
Du coup, le leasing social a rouvert son guichet le 16 juillet : 50.000 véhicules électriques, une aide allant jusqu’à 9.500 euros, des loyers à partir de 94 euros par mois, et 20.000 dossiers déposés en 15 jours. Comme le dit le ministre de l’Économie, à ce rythme, on arrivera très vite au plafond. Youpi, quoi.
Au passage, rassurez-vous : les 401 millions d’euros de ce leasing ne sortent pas du budget de l’État, ils transitent par les Certificats d’Économies d’Énergie, versés aux professionnels par des fournisseurs qui répercutent la charge sur les factures. Certes, la dépense existe mais elle est simplement sortie du périmètre où on la compte. Oui, l’État n’a plus un sou, oui, il distribue toujours mais par une tuyauterie qui n’apparaît pas au déficit. Youpi, quoi.
Vous pensez qu’on fait les malins avec ce genre de plomberie comptable ? Attendez de voir ce qu’on sait faire en statistiques !
Par exemple, en avril 2026, l’indice Insee de confiance des ménages résumait huit soldes d’opinion, dont la capacité d’épargne actuelle et future, l’une et l’autre en dégradation continue. Mais en juin, il n’en résume plus que six et les deux soldes gênants ont été retirés pour composer un indicateur séparé, sobrement baptisé « climat de l’épargne » avec comme résultat que la confiance « repart à la hausse » même si le climat de l’épargne se dégrade. Tout est documenté, tout est méthodologiquement défendable. Du cousu main. Youpi, quoi.
Pas besoin de s’étendre sur les autres indices comme le chômage qui atteint 8,3 % au deuxième trimestre à son plus haut niveau depuis la crise sanitaire ce qui, après le sixième trimestre d’application de la « loi pour le plein emploi », représente un bel exemple de réussite macronienne.
C’est un peu comme les défaillances d’entreprises qui dépassent 70.000 sur 12 mois (un niveau qu’on n’avait vu ni en 2008, ni pendant la crise des dettes souveraines) avec les prêts garantis par l’État qui arrivent massivement à échéance cet été : on voit bien que ça peut stresser, mais voilà, on ne stresse pas. Pas du tout. Youpi, même.
Restons en donc sur un scénario apaisant, zen, calme et tranquillisant : comme la dette a une durée de vie moyenne de huit ans et cinq mois, les 4,10 % d’intérêts ne frapperont pas d’un coup, ils s’installeront par tranches, pépères. Le remplacement des obligations émises à moins de 1 % entre 2015 et 2021 était programmé de longue date. Pas de quoi stresser.
Fitch maintient la France en A+ et pourrait très bien reconduire son verdict le 28 et si on ne regarde pas le déficit commercial sur le trimestre entier (qui se dégrade de 4,6 milliards d’euros), le chiffre de juin s’est même révélé meilleur que prévu. Youpi encore !
Bref, il ne reste qu’à tenir la cible révisée de 4,9 % de déficit, ce qui suppose de ne trouver qu’un petit 28 milliards d’euros bien tassé, sans toucher la dépense de fonctionnement de l’État évidemment. On va s’échanger quelques rapports, créer quelques instances et surtout : ON NE COUPE RIEN.
No Stress.
Tout va très bien se passer.
https://h16free.com/2026/08/24/85090-budget-2027-aucun-stress-detendez-vous-ca-ira-mais-si
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire