Une étude de l’INFRA par Charlotte Uher.
François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, avait annoncé son intention de recruter 60.000 fonctionnaires dans l’Education nationale. Réalité dans le temps ou simple argument électoral pour appâter le corps des enseignants ? Etant donné la tournure des événements, il est à craindre qu’il tiendra parole.
L’INFRA, dont Polémia reprend certaines des publications, s’est livrée à une étude approfondie des affectations de ces fonctionnaires : il en ressort notamment que près de 92.400 d’entre eux ne seraient pas en charge d’une classe.Le lecteur trouvera ci-dessous l’analyse de Charlotte Uher.
Polémia
François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, avait annoncé son intention de recruter 60.000 fonctionnaires dans l’Education nationale. Réalité dans le temps ou simple argument électoral pour appâter le corps des enseignants ? Etant donné la tournure des événements, il est à craindre qu’il tiendra parole.
L’INFRA, dont Polémia reprend certaines des publications, s’est livrée à une étude approfondie des affectations de ces fonctionnaires : il en ressort notamment que près de 92.400 d’entre eux ne seraient pas en charge d’une classe.Le lecteur trouvera ci-dessous l’analyse de Charlotte Uher.
Polémia
Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des enseignants, dont
nous avons parlé récemment, laisse largement sous silence le problème
des enseignants qui ne sont pas devant les élèves. En 2012, ce seraient 92.400 enseignants qui ne seraient pas en charge d’une classe.
Ces enseignants peuvent s’occuper de quelques élèves, ou bien rester
inemployés une partie de l’année (remplaçants). A cela s’ajoutent 125.000 personnes
(essentiellement des enseignants) qui, en 2011, étaient gérées par les
ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, mais
qui n’étaient pas en fonction au sein du ministère :
ils travaillent dans un autre ministère (Affaires étrangères par
exemple) ou une organisation syndicale, ou encore sont en congé
(parental, fin d’activité, …). Ce problème de gestion des personnels se
retrouve dans chaque ministère, mais dans l’enseignement, 217.500 personnes auraient ainsi été sous-employées en 2011.
Mise en forme : Fondation iFRAP.
Les chiffres du ministère : 92.439 enseignants qui ne sont pas en charge d’une classe en 2012
40.000 enseignants sous-employés dans le second degré
Pour ce calcul, nous avons repris la définition du ministère de
l’Éducation nationale pour compter les enseignants « qui ne sont pas
devant élèves » dans le second degré [1] :
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Enseignants devant élèves
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Enseignants « pas devant les élèves »
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| Enseignants à l’année en collèges et lycées (LEGT et LP) | Remplacement, documentation, Erea, 1er degré (généralement en Segpa), enseignants pas encore affectés, vacataires | ||
Source : RERS 2012. |
|||
A la vue de ce tableau, il serait plus juste de parler d’enseignants
qui ne sont pas « en charge d’une classe ». En effet, cette définition
appelle trois remarques :
Certains enseignants sont bien devant un ou plusieurs élèves, au moins une partie de l’année [2],
Les enseignants affectés après la rentrée ne sont pas comptés,
Cette définition ne prend en compte que des effectifs physiques, sans donner l’équivalence en temps plein travaillé du nombre de postes d’enseignants en charge d’une classe. Les temps partiels notamment ne sont pas différenciés des temps plein, et les vacataires ne sont pas comptabilisés « pour des raisons de qualité de l’information recueillie » (sic !).
Cette définition repose sur un schéma ancien, celui du statut de 1950. Or les missions des enseignants ont beaucoup évolué depuis : prise en charge des élèves à profils particuliers (Erea, Segpa, plus généralement les élèves handicapés dans le cadre de la loi 2005 sur le handicap, et Rased dans le premier degré), soutien scolaire, tutorat, aide à l’orientation. De plus, les enseignants ne sont plus forcément recrutés pour un poste à la rentrée : c’est le principe du « plus d’enseignants que de classes » en primaire, et des remplaçants professionnels (TZR).
Certains enseignants sont bien devant un ou plusieurs élèves, au moins une partie de l’année [2],
Les enseignants affectés après la rentrée ne sont pas comptés,
Cette définition ne prend en compte que des effectifs physiques, sans donner l’équivalence en temps plein travaillé du nombre de postes d’enseignants en charge d’une classe. Les temps partiels notamment ne sont pas différenciés des temps plein, et les vacataires ne sont pas comptabilisés « pour des raisons de qualité de l’information recueillie » (sic !).
Cette définition repose sur un schéma ancien, celui du statut de 1950. Or les missions des enseignants ont beaucoup évolué depuis : prise en charge des élèves à profils particuliers (Erea, Segpa, plus généralement les élèves handicapés dans le cadre de la loi 2005 sur le handicap, et Rased dans le premier degré), soutien scolaire, tutorat, aide à l’orientation. De plus, les enseignants ne sont plus forcément recrutés pour un poste à la rentrée : c’est le principe du « plus d’enseignants que de classes » en primaire, et des remplaçants professionnels (TZR).
Cette définition est issue du RERS, publication statistique annuelle
du ministère. Si l’on reprend les données des fiches 9.1, 9.2, 9.4 et
9.7 de l’édition 2012 du RERS, on peut compter le nombre d’enseignants
qui ne sont pas devant les élèves dans le secteur public en janvier
2012 : 40.177 enseignants, dont 1.900 (« environ ») enseignants en Erea,
et des enseignants du premier degré affectés notamment dans les Segpa :
7.500 « environ ». (Erea, Segpa : voir note 2).
53.000 enseignants « fantômes » dans le premier degré.
Si l’on suit la même méthode dans le premier degré, on aboutit à un
résultat de 52 262 enseignants « pas devant les élèves » en janvier
2012, dont 25.400 en remplacement , 11.700 en « prévention et traitement
des difficultés scolaires », 10.700 affectés à la scolarisation des
élèves malades ou handicapés, et 4.500 dans l’encadrement pédagogique,
en réadaptation ou en réemploi. Mais parmi les enseignants comptés comme
étant « devant les élèves » figurent les directeurs d’écoles dont
certains peuvent être partiellement, ou totalement déchargés de classe.
C’est le cas à Paris où tous les directeurs sont déchargés de classe,
quel que soit le nombre de classes.
On peut calculer ces effectifs fantômes d’une autre manière. Mais on
arrive au même résultat. Le nombre d’élèves par classe permet aussi
d’estimer le nombre d’enseignants qui ne sont pas devant les élèves [3].
Dans le premier degré, on pourrait s’attendre à ce qu’il y ait, à peu
de choses près, un enseignant par classe. Or ce n’est pas le cas, et de
loin. Au final, en tenant compte du nombre moyen d’élèves par classe,
communiqué par le ministère, et du nombre d’élèves et d’enseignants, on
observe une absence de 53.000 à 62.500 enseignants, dans le premier degré, entre 2005 et 2011. Des chiffres en légère baisse, assez proches de ceux calculés dans le paragraphe précédent.
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2005
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2006
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2007
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2008
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2009
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2010
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2011
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2012
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| 1er degré (Selon la définition du RERS) | 52.837 | 66.209 | 66.760 | 67.181 | 67.164 | 67.969 | 54.537 | 52.262 |
| 1er degré (Selon le nb d’élèves par classe) | 62.535 | 60.103 | 59.236 | 59.926 | 58.013 | 55.649 | 52.740 |
Cet indicateur montre surtout que ce n’est pas parce que des postes
sont supprimés, ou inversement, créés, que le nombre d’élèves dans les
classes va diminuer [4].
En réalité, le nombre d’élèves a considérablement baissé depuis 1960
dans le premier degré, et reste assez stable depuis 1999, malgré la
baisse du nombre d’élèves, et la hausse du nombre d’enseignants. Si les
enseignants d’aujourd’hui trouvent que leurs classes sont surchargées,
la raison est sûrement ailleurs que dans les effectifs : élèves moins
disciplinés, baisse du niveau des enseignants recrutés, programmes trop
lourds, trop grande spécialisation des enseignants, …
Au total : 92.000 enseignants n’étaient pas en charge d’une classe en 2012.
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D’après la définition du RERS
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Enseignants “devant les élèves”
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Enseignants pas en charge d’une classe
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Total
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| Enseignants du premier degré | 273.179 | 52.262 | 325.441 |
| détails : | Dont directeurs d’école, qui peuvent être totalement ou partiellement déchargés de classe. (A Paris, tous les directeurs sont déchargés, quel que soit le nombre de classes) | Dont remplacement (25.396), prévention et traitement des difficultés scolaires (11.732), scolarisation des élèves malades ou handicapés (10.661), encadrement pédagogique, réadaptation ou réemploi (4.473) | |
| Enseignants du second degré | 347.007 | 40.177 | 387.184 |
| détails : | dont 1.900 (« environ ») enseignants en Erea, et des enseignants du premier degré affectés notamment dans les Segpa : 7.500 « environ ». (Erea, Segpa : voir note 2) | ||
| Total des enseignants du premier et du second degré | 620.186 | 92.439 | 712.625 |
| Source : fiches 9.1, 9.2, 9.4 et 9.7 de l’édition 2012 du RERS, effectifs de France métropolitaine et DOM, y compris Mayotte, en janvier 2012. | |||
Si l’on suit ce même calcul sur une plus longue période, depuis 2006,
on voit que le nombre d’enseignants qui ne sont « pas devant les
élèves » est en légère baisse (102.155 enseignants en 2006 à 92.367 en
2012, hors Mayotte), et est particulièrement important dans le premier
degré (-14.000 enseignants « pas devant les élèves »). La lente baisse
des effectifs qui ne sont pas en charge d’une classe est probablement
due pour partie à la politique de non remplacement de certains
enseignants, et à l’augmentation des élèves dans le premier degré
(depuis 2003) et dans le second degré (depuis 2011). Mais elle est aussi
due, à moyen terme, au changement régulier de périmètre dans le calcul
par le ministère du nombre d’enseignants, c’est-à-dire à un problème de
définition et au manque de détails des chiffres communiqués par le
ministère.
La méthode budgétaire : où sont donc partis 125.079 personnels de l’enseignement ?
Il existe une autre façon de décompter les enseignants, c’est celle
que met en œuvre le rapport annuel sur l’état de la fonction publique et
des rémunérations. Les décomptes des effectifs ne peuvent
malheureusement pas se recouper exactement avec ceux du ministère [5].
De plus, si l’on sait que la plupart des personnels de ces ministères
sont enseignants, ce rapport n’en donne pas le nombre exact.
Le rapport sur l’état de la fonction publique et des rémunérations
donne le nombre des enseignants qui sont « payés », « en fonction dans »
ou « gérés » par les ministères de l’enseignement (Éducation nationale
et Enseignement supérieur), ainsi que dans les établissements publics
qui dépendent du ministère. Le rapport budgétaire indique donc dans
quelle « position » sont les personnels : en service actif au sein du
ministère, ou non. Dans le graphique suivant, on voit que la part des
personnels qui ne sont pas en fonction au sein du ministère, est
globalement en augmentation, et oscille entre 57.000 et 125.000 entre
2007 et 2010 (derniers chiffres communiqués), la grande majorité (60.000
en 2010) étant affectée dans un établissement public dépendant du
ministère. La part des congés parentaux et des disponibilités reste
assez mince, contrairement aux idées reçues.
Cette méthode de présentation met surtout en évidence un problème de
gestion plus général des personnels recrutés. Un enseignant recruté par
l’Éducation nationale restera à vie rattaché à ce ministère, qui gérera
sa progression de carrière, voire même continuera à le payer alors qu’il
n’y est plus en fonction. Ainsi, un enseignant recruté par l’Éducation
nationale peut être détaché dans un établissement dépendant d’un autre
ministère. Il peut y enseigner [6] ou y faire tout autre chose, sans perdre pour autant son statut, comme le montre l’exemple du CNED.
Dans son rapport public annuel 2013, la Cour des comptes a été
particulièrement critique avec le CNED, jugé peu performant, même pour
son cœur de mission. La Cour a aussi pointé du doigt la politique de
ressources humaines du CNED, auquel le ministère de l’Éducation
nationale envoie plus d’un millier d’enseignants ne voulant plus, ou ne
pouvant plus enseigner devant les élèves [7],
tout en voulant garder leur statut. Or la situation de ces personnels
n’est pas claire : à la rentrée 2011, 41% des enseignants du CNED
étaient toujours rémunérés sur le budget de leur académie d’origine.
Seule une minorité exerce son travail sur un des sites du CNED, la
plupart travaillant à domicile. De plus, alors que le nombre d’élèves
est en chute constante depuis une dizaine d’années, le nombre
d’enseignants est en augmentation (+123 dans le premier degré entre 1998
et 2007). En 2007, derniers chiffres détaillés connus, 1.121
enseignants étaient affectés au CNED : 463 du premier degré et 658 du
second degré.
Le CNED : un service public de réemploi des enseignants
Les ministères de l’enseignement se retrouvent donc gestionnaires de
plus d’1,13 million personnes physiques. Auxquels s’ajoutent les vacataires
embauchés sur des crédits normalement réservés aux heures
supplémentaires des enseignants (pour un total d’1,3 milliard d’euros en
2011 pour les HS de l’Éducation nationale), plus des assistants d’éducation, des auxiliaires de vie scolaire et des contrats uniques d’insertion,
rémunérés au titre des dépenses d’intervention (titre 6) du ministère
(1,4 milliard d’euros en 2012). Il devient urgent de rationaliser la
gestion RH des ministères, en réconciliant la gestion de l’emploi et la
gestion budgétaire. Les ministères et les opérateurs doivent devenir
pleinement responsables de leurs effectifs. C’est à cette seule
condition que l’on pourra savoir de combien d’effectifs on a besoin pour
assurer l’enseignement des élèves, et quelles dépenses il faut prévoir.
Car pour l’instant, il est illusoire de vouloir réduire le nombre de
personnes, si de nouvelles peuvent être embauchées grâce à des
enveloppes budgétaires largement opaques.
Loin d’être anecdotique, la question du nombre d’enseignants devant
les élèves met en évidence un important problème de gestion des
effectifs au sein des ministères. La Cour des comptes a apporté la
semaine dernière quelques propositions de réformes pour l’Éducation,
largement concentrées sur la réforme du statut des enseignants, et
l’amélioration de l’attractivité du métier, avec quelques remarques vers
la fin du rapport sur la gestion administrative. Or, vu l’état actuel
des finances publiques, il devient urgent de rationaliser cette gestion
administrative et budgétaire pour s’assurer que toutes les nouvelles
dépenses sont bien justifiées. Et que les enseignants qui ne sont pas
devant les élèves, soit retournent en classe, soit démissionnent pour
laisser leurs places à d’autres, plus motivés.
Nos propositions :
Quand un enseignant part dans un autre ministère, le faire
entièrement gérer par son nouvel employeur, et non plus par son corps
d’origine. Cela serait rendu possible par une gestion RH recentralisée
par la DGAFP. Les ministères devraient alors arrêter de créer leur
propre fonction RH, et n’avoir plus que des correspondants de la DGAFP
en leur sein. Cela permettrait d’homogénéiser les procédures et d’éviter
les financements croisés (par exemple, un enseignant de l’EN, envoyé au
ministère de la Culture, qui travaille dans un musée, au service
éducatif, en étant payé par le ministère de la Culture, géré par
l’Éducation nationale, mais employé dans un opérateur) [8].
Un statut pour les directeurs d’établissements scolaires : il faut
aller vers un corps de personnel de direction unique 1er-2nd degré qui
permettra un pilotage et une unification renforcées du système, avec de
véritables pouvoirs de RH.
Refonte du statut et de la gouvernance : mieux définir les missions
et conditions pour être fonctionnaire, le statut et les missions des
autres personnels non fonctionnaires, et faire gérer les personnels par
le chef d’établissement à l’échelle la plus locale possible
(établissement ou groupe scolaire). La Fondation iFRAP propose une
gestion au plus près avec des enseignants recrutés directement par les
établissements, et rémunérés via un forfait éducatif attribué à chaque
établissement en fonction du nombre d’élèves.
En finir avec l’amateurisme et les décharges horaires pour de
multiples raisons. Les enseignants, en particulier agrégés, doivent se
concentrer sur les missions pour lesquelles ils sont payés : enseigner
en classe entière devant des élèves. Les missions annexes (orientation,
soutien scolaire, tutorat, suivi des élèves à profil particulier,
remplacement ponctuel) étant effectuées par des professionnels, plus ou
moins rémunérés selon leur qualification.
Pour chaque établissement scolaire, publier les noms des enseignants
et les classes dans lesquelles ils exercent, ainsi que les noms des
enseignants déchargés de classe. Publier par académie les noms de toutes
les personnes de catégorie A : les noms des enseignants et des
inspecteurs en charge, ainsi que leurs fonctions.
Charlotte Uher
IFRAP
6/06/2013
IFRAP
6/06/2013
Notes :
[1] Source : pages 296-297 des Repères et références statistiques – édition 2012. « Les
enseignants recensés ici sont ceux qui exercent une activité
d’enseignement à l’année dans les collèges, les lycées d’enseignement
général et technologique (LEGT) et les lycées professionnels (LP), hors
enseignement religieux. Ne sont pas compris les personnels de remplacement (titulaires ou non) et de documentation, les enseignants en Erea (1 900 environ) et les enseignants du premier degré affectés notamment dans les Segpa (7 500 environ). Les statistiques ne concernent que les enseignants devant élèves : ceux qui n’ont pas de service au moment des remontées d’information ne sont pas comptabilisés.
Le calcul du nombre des non-titulaires inclut les bénéficiaires de
l’obligation d’emploi et les travailleurs handicapés sous contrat. Les enseignants vacataires ne sont pas comptés pour des raisons de qualité de l’information recueillie. »
[2] Définition des Segpa : « Au
collège, les sections d’enseignement général et professionnel adapté
(SEGPA) accueillent des élèves présentant des difficultés
d’apprentissage graves et durables. » Définition des Erea : « Les
établissements régionaux d’enseignement adapté (EREA) sont des
établissements publics locaux d’enseignement (EPLE). Leur mission est de
prendre en charge des adolescents en grande difficulté scolaire et
sociale, ou présentant un handicap. » Source : Eduscol, Ministère de l’Éducation nationale.
[3]
Il est difficile de calculer le nombre d’enseignants pas devant les
élèves dans le second degré, car il ne peut pas, par définition, y avoir
une classe par enseignant au collège et lycée (à cause des options, et
des spécialisations).
[4]
Ainsi, dans le premier degré public, le nombre moyen d’élèves par
classe en 2011 est le même qu’en 2007 : 25,5 en maternelle, et 22,7 en
CP-CM2 (Source : RERS 2012, p.41). Dans le second degré public, il n’a
que très légèrement augmenté (+0,6 élève par classe au collège, +0,3
élève au lycée), et surtout, reste inférieur au niveau de 1995 au lycée
(au collège : +0,2, au lycée : -1,4) (Ibid. p.43).
[5]
La Cour des comptes le regrette d’ailleurs ouvertement dans son rapport
de 2013 sur la gestion des enseignants : « En raison de périmètres et
modes de calculs différents, le total des effectifs n’est ainsi pas
directement comparable au chiffre de 837 000 rappelé dans le présent
rapport (plafond d’emploi en équivalents temps plein travaillé (ETPT),
sur l’exercice budgétaire 2012), ni à la décomposition présentée à
l’annexe 1.5 portant sur l’enseignement public et privé (décompte des
ETPT observés sur l’année budgétaire 2011). » P. 62-63 du rapport.
[6]
« Il faut arrêter de penser que les détachés n’enseignent plus. Par
exemple, les professeurs des lycées militaires sont détachés auprès du
ministère de la défense, les professeurs des maisons de la Légion
d’honneur sont détachés auprès du ministère de la justice, ceux qui
enseignent à l’étranger auprès du ministère des affaires étrangères
(enfin, pas tous, c’est compliqué l’enseignement à l’étranger…), etc.
Tous ces détachés sont bien devant des élèves… » Source : Slate, http://www.slate.fr/story/62319/60…. . Page visitée le 27 mai 2013.
[7]
Source : Rapport annuel 2013 de la Cour des comptes, « Le CNED, un
établissement public d’enseignement inadapté à la formation en ligne. »
[8]
La cour des comptes, dans son rapport budgétaire de mai 2013 sur
l’exercice 2012 propose une 3e option, qui serait une amélioration à
titre transitoire : créer un 3e plafond d’emplois (en plus du plafond
État et du plafond opérateurs) pour couvrir (et compter !) les emplois
qui ne relèvent pas des opérateurs. Par exemple, les assistants de vie
scolaire ou les vacataires. Cela permettrait de suivre efficacement les
dépenses de personnel, et inciterait enfin le ministère de l’Éducation
(et les autres ministères, si la réforme est plus large) à gérer de
façon flexible et transparente ses dépenses de personnel.
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