» Politique de la ville Libération, toujours : « Des associations fictives ont reçu 800.000 euros en trois ans. » De quoi attendre à l’aise une grosse livraison de haschisch, ou qu’un transport de fonds passe dans votre ligne de mire… »
Xavier Raufer
Docteur en géopolitique et criminologue
Il enseigne dans les universités
Panthéon-Assas (Paris II), George Mason (Washington DC) et Université de
Sciences politiques et de droit (Pékin).
Quoi de
neuf, à Marseille ? Rien. Une sagesse instinctive conduit les criminels à
éviter un appareil répressif qu’ils savent puissant, mais vacillant,
privé de persistance ou d’acharnement. D’où un temporaire retour au
calme lorsque les ministres tonnent et qu’il y a du « bleu » dans les
rues. Les médias repartis et le bon peuple distrait, le cirque reprend
de plus belle. Toute la Sicile connaît le proverbe mafieux « Courbe-toi, jonc, la crue passe… » Eh bien, c’est pareil à Marseille : la crue passée, le jonc relève la tête.
Et les assassinats reprennent.
Mais
pourquoi les bandits s’entretuent-ils ? L’ethnologie criminelle nous
renseigne : hors la loi, les malfaiteurs n’accèdent pas à la justice des
honnêtes gens. Un bandit ne peut infliger une amende à un « collègue »,
ni l’envoyer en prison. Le différend est mineur ? Il casse la figure du
gêneur. Si c’est grave, il le tue ou le fait tuer. Ce n’est donc pas
par plaisir que les bandits s’entre-tuent, mais par exigence
territoriale. Le fief est la source de tout business illicite, et qui
empiète sur celui d’un gang est bon pour l’hôpital ou la morgue.
Mais les
homicides ne sont pas « le » problème de Marseille – c’en est juste un
spectaculaire symptôme. Le vrai problème de Marseille, c’est une
corruption monumentale.
D’abord, un maire bien fatigué, largué entre dénégation puérile du réel – « Marseille n’est pas Chicago » – et tentatives d’apaiser les bandits par travail social interposé.
Surtout,
une « politique de la ville » à la napolitaine, un système de contrôle
des quartiers chauds, et des votes qui en émanent, par des nervis
qu’arrosent les crédits de la politique de la ville. Oh, les motifs sont
nobles : « antiracisme »… « diversité »… et autres balivernes à la
mode. Mais en réalité ? Un des caïds en cause, Abderrazak Z., parle de
la députée chargée de la politique de la ville au conseil général : « J’ai trouvé une dinde pour nous subventionner. » (Libération, 11 mars 2013). Et qu’arrive-t-il à qui tient tête au caïd ? « Je n’étais pas content, mais il m’a montré qu’il était armé. Je me suis calmé. » (ibidem). Vous ne vous calmez pas ? Passage au stade Kalachnikov.
Telle est, en 2013 la « politique de la ville », terreau fertile pour le milieu marseillais : « Dans les quartiers, si tu veux avoir un minibus, un scooter et de l’argent, tu montes une association. » (ibidem). De l’argent, beaucoup d’argent. Libération, toujours : « Des associations fictives ont reçu 800.000 euros en trois ans. » De quoi attendre à l’aise une grosse livraison de haschisch, ou qu’un transport de fonds passe dans votre ligne de mire…
Ajoutons-y
une police souvent corrompue. Le mal ronge de longue date l’appareil
policier régional – et pas les seuls « ripoux » de la BAC Nord : en cas
d’affaire criminelle grave, pourquoi les magistrats locaux se
concertent-ils à Paris et surtout pas à Marseille ? Et par quel miracle
de gros voyous – quatre selon nos sources, en 2012 – ont-ils pu
« s’arracher » à l’aube de leur cachette, les policiers investissant une
planque juste désertée, n’y palpant qu’un lit encore chaud ? Un flic de
base peut-il « arranger » de telles manigances ?
De telles
écuries d’Augias ne se nettoient pas avec une compagnie de CRS en plus.
Il faut, sur place, un véritable outil de renseignement criminel, posant
pour toute l’aire marseillaise un diagnostic précis : qui sont les
voyous ? Que font-ils ? Où sont-ils ?
La suite est aisée. Le travail policier classique y suffit amplement. Songeons à la formule de Napoléon : « La guerre est un art simple et tout d’exécution. » Un diagnostic, un plan implacablement réalisé à tous les niveaux. Pas d’autre voie pour durablement pacifier Marseille.
Mais
comment faire quand Mme Taubira et sa cour de Diafoirus-sociologues
vident les prisons ? Pour faire sympa, le gouvernement a
inextricablement associé en son sein l’eau et le feu. Cette idée idiote
se paiera cher.
Source: BVoltaire
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire